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Les officines antillaises prises pour cible

Après plusieurs jours d’émeutes en Guadeloupe, le conflit social touche désormais la Martinique.

© adobestock_luis sandoval m.

« Actuellement la Guadeloupe subit une grave crise sanitaire et sociale partie de l’obligation vaccinale et du pass sanitaire, et des officines ont été vandalisées », a rappelé Marie-Claude Synesius, présidente du syndicat des pharmaciens du département ultra-marin, lors du live hebdomadaire proposé par la FSPF. La titulaire à Petit Bourg pointe des difficultés d’accès aux pharmacies en raison des barrages mis en place par les manifestants mais aussi d’organisation des gardes.

Le mouvement s’étend désormais à la Martinique et « cinq pharmacies ont été pillées hier », rapporte le président de la FSPF, Philippe Besset, indiquant qu’il a immédiatement alerté le ministère de la Santé de la situation et demandé que la protection des officines soit assurée. « Ce sont des lieux à sécuriser en priorité parce que ce sont des cibles » en raison de leur engagement dans la vaccination et le dépistage du SARS-CoV-2. Philippe Besset a également sollicité auprès des pouvoirs publics une aide financière pour les confrères sinistrés le temps que les assurances prennent le relais. « Les attaques, les saccages et les pillages des officines sont intolérables alors même que les pharmaciens œuvrent chaque jour pour la santé de la population », s’indigne la FSPF dans un communiqué, estimant que « chaque patient doit pouvoir accéder librement au professionnel de santé de son choix » et que « chaque professionnel doit pouvoir exercer en toute sécurité ».

L’Ordre condamne

De son côté, l’Ordre des pharmaciens invite les confrères antillais victimes de violences et de dégradation à saisir sa commission d’entraide et de solidarité. L’instance dit également se réserver la possibilité de se porter partie civile dans les affaires visant les pharmaciens. « L'Ordre condamne fermement ces actes de violence intolérables, alors qu'en toutes circonstances, les pharmaciens agissent au quotidien pour la santé publique et le bien de tous », lance Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens, tandis que Brigitte Berthelot, présidente de la section outre-mer de l'Ordre déplore que « la profession se trouve exposée à des agissements, certes minoritaires, mais inadmissibles au regard de leur engagement ».

Par Christophe Micas

26 Novembre 2021

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