N°1368
Mars 2025

Comment organiser un départ progressif en s’associant avec un jeune

Les conseils de François Gillot, expert-comptable et maître de conférences associé à la faculté de pharmacie de Lille.

par Fabienne Rizos-Vignal
Le 15 janvier 2021

Est-il plus in­té­res­sant de s’as­so­cier afin d’an­ti­ci­per son dé­part à la re­traite que de pas­ser par une vente « sèche » ?

À l’ap­proche de la re­traite, nom­breux sont les phar­ma­ciens ti­tu­laires à s’in­ter­ro­ger sur le mo­ment op­por­tun pour cé­der leur of­fi­cine. Le mon­tage « ces­sion-as­so­cia­tion » est une so­lu­tion op­ti­mi­sante : si le cé­dant est âgé d’au moins 60 ans, elle lui per­met­tra de bé­né­fi­cier de l’exo­né­ra­tion de plus-va­lue ; il per­ce­vra im­mé­dia­te­ment son ca­pi­tal ; il sera as­so­cié co-gé­rant au maxi­mum pour une pé­riode de 24 mois ; puis, il ces­sera ses fonc­tions et fera va­loir ses droits à la re­traite ; en­fin, il pourra res­ter « as­so­cié re­traité ». Pour l’as­so­cié « en­trant », ce mon­tage est une aide à l’ins­tal­la­tion et peut ou­vrir par an­ti­ci­pa­tion des op­por­tu­ni­tés.

Com­ment trou­ver un équi­libre entre les as­so­ciés ?

L’as­so­cié « en­trant » sera né­ces­sai­re­ment ma­jo­ri­taire ou éga­li­taire, le « cé­dant » ne pou­vant pas dé­te­nir plus de 50 % dans la so­ciété ces­sion­naire. Un ap­port en compte cou­rant pourra être réa­lisé par le phar­ma­cien « cé­dant » et fa­ci­li­ter consi­dé­ra­ble­ment le mon­tage fi­nan­cier. Un rè­gle­ment in­té­rieur et un pacte d’as­so­ciés scru­pu­leu­se­ment pré­cis de­vront être mis en place. Ils pré­voi­ront né­ces­sai­re­ment la pé­riode de co-gé­rance, avec le temps de tra­vail et les ré­mu­né­ra­tions, puis la pé­riode d’as­so­cia­tion avec les mo­da­li­tés de ra­chat des parts du re­traité et de rem­bour­se­ment de son compte cou­rant.

Pour­quoi ce schéma ne doit-­il pas s’éter­ni­ser ?

L’as­so­cié « cé­dant » sera co-gé­rant mi­no­ri­taire ou éga­li­taire pen­dant une pé­riode maxi­male de 24 mois afin de bé­né­fi­cier de l’exo­né­ra­tion de dé­part à la re­traite pour la vente de son fonds. Il pourra res­ter as­so­cié re­traité au sein de cette ­société dans la­quelle il a exercé, et cela, pour une du­rée maxi­male de 10 ans. Pour que ce mon­tage ne de­vienne pas trop contrai­gnant pour l’as­so­cié « en­trant », cette du­rée de­vra être plus ré­duite, 3 ans maxi­mum à mon sens : les parts de l’as­so­cié pre­nant de la va­leur au fur et à me­sure du désen­det­te­ment de la so­ciété. Il sera éga­le­ment né­ces­saire de li­mi­ter la prise de va­leur du fonds afin de ne pas pé­na­li­ser le seul exer­çant et de mettre en place une part va­riable de ré­mu­né­ra­tion en fonc­tion des ex­cé­dents de ré­sul­tats. Une autre pos­si­bi­lité sera de fixer à l’avance et de fa­çon for­fai­taire le prix des parts de l’as­so­cié re­traité dès la ces­sa­tion de ses fonc­tions de co-gé­rant. Le mon­tage est alors connu et équi­li­bré !

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