N°1368
Mars 2025

Absence d’obscurité, risque de diabète : info ou intox ?

Fermer les volets, éteindre les lumières, arrêter les écrans… Certains omettent ces rituels du soir. Mais à quel prix ?

Les paupières ne suffisent pas à créer l’obscurité.
©  adobestock_realstock1
par Hélène Bry
Le 10 août 2024

On savait que l’exposition à la lumière nocturne perturbait les rythmes circadiens, et que les bousculer était un facteur de risque de diabète de type 2 (DT2). Pour aller plus loin, une vaste étude, parue dans The ­Lancet Europe le 4 juin 2024, s’est penchée sur la corrélation entre l’exposition nocturne à différentes luminosités et la survenue du DT2 chez 84 790 participants de la UK Biobank. Ceux-ci ont porté des capteurs pendant une semaine qui ont enregistré leur exposition à la lumière de jour comme de nuit. Ce sont ainsi 13 millions d’heures d’enregistrement qui ont été collectées, à partir desquelles les chercheurs ont pu modéliser l’amplitude et la phase circadienne des participants. Après un suivi médian de 7,9 ans, ils ont recensé un total de 1997 nouveaux cas de diabète. Résultats : après ajustement en fonction de l’âge, du sexe, de l’origine ethnique, des facteurs socioéconomiques, du mode de vie et du risque polygénique, les auteurs ont constaté qu’une exposition à la lumière plus intense la nuit engendrait un risque plus élevé de survenue de DT2.
Désorganisation
Par rapport aux personnes qui dorment dans l’obscurité (0-50e percentiles d’exposition à la lumière), celles exposées à la lumière d’une lampe de chevet (50-70e percentiles) présentent un risque accru de développer un DT2 de 29 %, celles exposées à un plafonnier allumé d’intensité moyenne (70-90e percentiles) un surrique de 39 %, et celles les plus exposées, par exemple à un néon assez puissant (90-100e percentiles), un surrisque de 53 %.
La raison avancée est que la lumière ­filtrant à travers les paupières enverrait un signal au cerveau afin qu’il donne l’ordre de ­laisser assez de sucre dans le sang au cas où les muscles devraient s’activer. S’ensuit une désorganisation de l’équilibre assuré par l’insuline, comme au début du diabète. Les auteurs insistent sur l’importance de dormir dans le noir afin de préserver « une régularité dans l’alternance entre les phases actives (le jour) et de repos (la nuit) ». Bonne nouvelle toutefois : « Se plonger dans l’obscurité durant la journée pour dormir suffit pour envoyer au cerveau un signal efficace de repos. »

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