C’est l’arbre qui cache la forêt. En 2021, le chiffre d’affaires (CA) global des officines a certes augmenté de 11 % en moyenne et de 21 % sur le premier trimestre 2022 par rapport au premier trimestre de l’année précédente. Mais la gestion de la pandémie par les pharmaciens a largement contribué à gonfler ces chiffres. Distribution des masques et des autotests, réalisation des dépistages et vaccination contre la Covid-19 ont en effet boosté l’activité. L’enveloppe globale de la rémunération du médicament remboursable est passée de 6,86 milliards en 2020 à 8,18 milliards d’euros en 2021 avec une progression du poste Covid de 3 à 18 % dans l’intervalle. Au premier trimestre 2022, il s’établit à 36 % contre 11 % pour les trois premiers mois de 2021. À y regarder de plus près, sans ces actes, la hausse de la rémunération des officines liée à la dispensation des médicaments tombe à 1,5 % en 2021 et à 4,9 % au premier trimestre 2022. Autrement dit, les revenus dépendant du cœur de métier ne permettent même pas de compenser l’inflation estimée par l’Insee à 1,6 % en 2021 et qui pourrait atteindre les 5 % cette année.
Surcharge de travail
Comme le souligne le président de la FSPF, Philippe Besset, les hausses d’activité enregistrées correspondent à un engagement plus important des titulaires et des équipes officinales. « S’il y a augmentation de la rémunération, c’est qu’il y a eu augmentation de la charge de travail », fait-il remarquer, ajoutant : « C’est le travailler plus pour gagner plus ! » L’augmentation de la rémunération, c’est-à-dire de l’investissement consenti par l’Assurance maladie, correspond en effet à une implication supplémentaire de la profession. Pour le président de la FSPF, « cet accroissement de l’activité se ressent d’ailleurs dans les officines qui peinent à renforcer leurs équipes » pour mener à bien toutes les nouvelles missions. Si les données de l’Assurance maladie montrent que désormais à peu près toutes les pharmacies vaccinent, distribuent les masques et les autotests et qu’à peine un peu moins pratiquent le dépistage antigénique, en revanche, les entretiens sont aujourd’hui un peu mis de côté. « Il va donc falloir que nous regardions cela de près pour trouver des moyens d’amélioration », estime Philippe Besset.