Alors que la crise sanitaire a placé sous les feux de l’actualité les tests de dépistage et leur intérêt majeur pour la santé publique, elle a – dans le même temps – porté préjudice au marché global des autotests vendus en officine. Ainsi, ce dernier a perdu 1,2 % de chiffre d’affaires (CA) entre janvier 2020 et janvier 2021 (données Iqvia). Cette baisse peut essentiellement être imputée à la moindre fréquentation des officines sur la période, ainsi qu’à la focalisation du grand public sur l’actualité de la Covid-19, éclipsant alors beaucoup d’autres interrogations sur la santé.
Un marché hétérogène
Parler de ce marché comme d’une entité globale ne doit pas faire perdre de vue son hétérogénéité. En effet, il comprend des références de consommation fréquente – les tests de grossesse, essentiellement, qui participent à hauteur de 75 % au CA du marché hors glycémie (données laboratoire) – mais aussi des produits plus confidentiels, dépistant la présence de sang dans les selles, qui signe potentiellement un cancer colorectal, ou évaluant la quantité de cholestérol dans le sang, un facteur de risque cardio-vasculaire. Ces derniers tests, que l’on pourrait considérer comme des produits de niche, contribuent donc moins au CA que les best-sellers de la fécondité, mais ils ont un autre intérêt non négligeable, comme l’explique Marika Raynaud, directrice marketing et communication pour Biosynex : « Les autotests permettent de renforcer le lien de confiance entre les pharmaciens et leurs patients. »
La gynécologie impactée
Les tests de grossesse signent des scores dynamiques. Ce sous-segment est toujours dominé par les références ClearBlue (Procter). Cependant, si l’on observe le nombre d’unités vendues en fonction du nombre de pharmacies référençant l’une ou l’autre gamme, d’autres laboratoires sont à surveiller, comme Gilbert avec les produits Elle test et Biosynex avec Simply. Concernant le volet gynécologique toujours, le sous-segment des tests de dépistage des infections vaginales est largement impacté, lui, par les conséquences de la crise sanitaire. Son CA accuse ainsi une baisse de 20,4 %. Mais l’équilibre des forces est cependant conservé : le leader, Hydralin test Bayer santé familiale, pèse encore six fois plus que son challenger, Biosynex test vaginal (anciennement nommé Exacto).
Le VIH délaissé
Du point de vue de la santé publique, la chute des ventes d’autotests dépistant le VIH est problématique. Le leader, l’autotest VIH Mylan, est passé de plus de 44 000 unités vendues en 2019 à moins de 27 000 en 2020 (ventes sur douze mois arrêtées à janvier 2021). Une chute de près de 40 %, qui n’étonne pas mais inquiète. Sur un versant plus pratique, les ventes d’alcootests sont évidemment en berne : leur effondrement, conjoncturel, a atteint – 79 % en nombre d’unités sur la période étudiée. Nul doute qu’il reprendra de la vigueur, comme tous les autres d’ailleurs, une fois que cette période très particulière sera définitivement derrière nous.