Selon le premier baromètre « santé-social » réalisé par l’Association des maires de France (AMF) et la Mutualité française, 5,7 millions de personnes résidaient en 2016 dans une commune où l’accès à un médecin généraliste était potentiellement limité. En 2018, ce nombre atteignait 7,4 millions. En deux ans, la proportion de Français en proie à des difficultés à consulter un praticien est ainsi passée de 8,6 % à 11,1 %. La sous-densité médicale concerne le plus souvent les communes périphériques des grands pôles mais aussi les villes. Selon la Drees, « en 2016, 25 % de la population habitant dans une commune sous-dense en médecins généralistes vivait dans un pôle urbain, dont près de 18 % dans l’unité urbaine de Paris ». Si certains départements souffrent d’un déficit de médecins (Cher, Nièvre, Yonne), d’autres, au contraire, offrent un accès plus élevé que la moyenne nationale (Haute-Garonne, Hérault, Bouches-du-Rhône). Quoi qu’il en soit, l’AMF et la Mutualité française craignent que les difficultés d’accès aux soins s’amplifient à court terme en raison de la hausse des besoins en santé liée au vieillissement de la population et à l’augmentation de l’âge des praticiens actuellement en exercice. « En 2019, un médecin généraliste sur trois a plus de 60 ans, relève leur enquête. Dans la moitié des départements, cette proportion se situe entre 36 % et 51 %. »