Comment déployer efficacement les nouvelles missions ? C’était la question posée aux trois intervenants de la première table ronde des Amphis de l’officine, le 25 novembre dernier. Les outils numériques peuvent être d’une aide redoutable, selon Amaury de Chalain, directeur général et cofondateur du site MeSoigner : « Ils doivent aider à recruter les patients et déterminer leur éligibilité, par exemple à une vaccination ou à un entretien pharmaceutique. » Mais ils peuvent faire bien plus. De mieux en mieux intégrés au logiciel métier, ils apportent un support bienvenu pendant les entretiens d’accompagnement. « MeSoigner incorpore des outils de calcul automatisé qui travaillent les uns avec les autres, tel que Phealing pour la gestion des contre-indications, ajoute Amaury de Chalain. Ce qui fait gagner du temps au pharmacien, qui peut ainsi se consacrer à son patient et à échanger sur les problématiques relevées plutôt qu’à remplir des questionnaires. Grâce à ces outils, la durée du bilan partagé de médication (BPM) est passée d’une heure et demie à une vingtaine de minutes. »
Pied à l’étrier
« Le plus dur, c’est de s’y mettre », lance à son tour Alexandra Gaertner, responsable de la formation à la FSPF. Pionnière sur ces missions d’entretiens longs ou courts et les BPM, elle conseille « de se fixer des objectifs et d’impliquer son équipe ». À titre personnel, elle établit un nombre d’entretiens « assez élevé » à réaliser et les adjoints de son officine jouent le jeu. « Lors de la journée d’Utip Association le 17 octobre dernier, le partenaire Adylis a mis à disposition une formation sur la façon de booster sa pharmacie avec les bilans et accompagnements, qui pourra se faire prochainement en e-learning. Son intérêt est de montrer que c’est possible, que ça ne demande pas énormément de moyens mais un plan d’actions. » De fait, ajoute la titulaire, des pharmaciens d’abord « farouchement opposés » mais ayant récemment passé le cap du premier entretien ont changé d’appréciation concernant ce dispositif.
Un pied mis à l’étrier pour répondre à l’incitation mise en place par l’Assurance maladie d’une Rosp exceptionnelle si le pharmacien se lance d’ici au 31 décembre 2024. « Faire un premier entretien long déclenche quand même 400 euros de Rosp en plus », rappelle Alexandra Gaertner. Si elle repousse l’idée de fixer un objectif par officine en raison d’équipes plus ou moins étoffées et volontaires, la jeune femme tient à souligner que la réalisation des entretiens pharmaceutiques peut être « un point d’attractivité et donc un argument pour recruter ».
Anticancéreux oraux
Par ailleurs, les confrères peuvent compter sur le soutien des laboratoires pour les accompagner tant sur la prévention que sur l’aide au diagnostic précoce et au bon usage du médicament. Chez Pierre Fabre Oncology, explique son directeur, Dominique Gougeon, un délégué spécialisé contacte systématiquement le pharmacien qui commande son association de médicaments indiquée dans le mélanome métastatique avec une mutation BRAF, ce qui concerne 1 200 patients en France. Une bonne manière de renforcer l’accompagnement des patients sous anticancéreux oraux. Un entretien long dont Alexandra Gaertner s’est aussi emparée : « L’entretien initial est fixé le jour où le patient vient chercher son traitement. »