L’objectif fixé par le ministère de la Santé est clair : 80 % d’officines connectées au répertoire national de vérification des médicaments (NMVS) à la mi-novembre et 100 % à la fin décembre. L’ultimatum vient de la Commission européenne qui menace d’engager un contentieux devant la Cour de justice de l’Union européenne si des efforts significatifs ne sont pas réalisés par la France pour que la totalité des officines soient connectées, indique la FSPF. Inscrite au rang des bonnes pratiques de dispensation, la sérialisation revêt désormais un caractère obligatoire, mais sa finalité – lutter contre les faux médicaments – peine à convaincre les officinaux français dont la chaîne d’approvisionnement est parfaitement sécurisée. Toutefois, rappellent l’Ordre des pharmaciens, les syndicats d’officinaux et France MVO, le respect de cette obligation « contribue à la mise en place d’un système européen de lutte contre l’introduction de médicaments falsifiés dans la chaîne pharmaceutique communautaire qui ne peut fonctionner, être évalué et, le cas échéant, adapté que si l’ensemble des officines des États membres de l’Union européenne y participent ». De son côté, la FSPF souligne que « si elle peut apparaître aux pharmaciens d’officine comme un dispositif chronophage sans valeur ajoutée, l’inscription auprès de France MVO et la connexion au NMVS sont très simples et le décommissionnement est transparent au quotidien ». Pour mémoire, sont concernés par le dispositif les spécialités soumises à prescription médicale obligatoire et certains médicaments de prescription médicale facultative comme l’oméprazole gélules dosées à 20 mg et 40 mg. Dans ce contexte, la FSPF invite donc les confrères à se lancer activement dans la sérialisation afin « que la France ne fasse pas l’objet de sanctions ni que celles-ci entraînent des conséquences financières sur les officines ». En pratique, il est nécessaire d’engager les démarches de souscription auprès de l’Ordre ou de s’enregistrer en direct sur le site de France MVO, de se connecter au répertoire de vérification des médicaments et de désactiver les identifiants uniques. « De nombreux éditeurs adaptent gratuitement leurs logiciels métier pour permettre la sérialisation sans coût supplémentaire pour les pharmaciens », indique la FSPF. Début septembre, 66 % des officines avaient engagé les démarches et 45 % étaient d’ores et déjà connectées.