N°1368
Mars 2025

Covid-19 : comment faites-vous face à l’officine ?

Malgré l'accalmie qui a suivi le rush du début de confinement, vous devez maintenant affronter l'inquiétude de patients extrêmement stressés dans un contexte réglementaire fluctuant et pas toujours très clair.
par Christophe Micas
Le 13 avril 2020

Pour plus de 7 phar­ma­ciens sur 10 ayant ré­pondu à notre ques­tion­naire, la si­tua­tion à l’of­fi­cine est re­de­ve­nue calme après une pé­riode de ten­sion (voir pre­mier graphe). Il semble y avoir eu pour la ma­jo­rité d’entre vous un avant et un après confi­ne­ment de la po­pu­la­tion. Après des jour­nées très in­tenses pré­cé­dant l’an­nonce du pré­sident de la Ré­pu­blique in­vi­tant les Fran­çais à res­ter chez eux, les jours sui­vants sont re­de­ve­nus calmes, avec une fré­quen­ta­tion par­fois in­fé­rieure à la nor­male parce que « les gens ont com­pris qu’on se­rait tou­jours là les jours sui­vants ». Quoi qu’il en soit, beau­coup d’entre vous ont vécu « un as­saut de pa­tients » ve­nus re­nou­ve­ler leurs trai­te­ments par peur de man­quer, sans comp­ter les de­mandes de masques, de gants ou de gel hy­dro­al­coo­lique, les ap­pels té­lé­pho­niques « in­ces­sants » et l’ac­crois­se­ment des de­mandes de li­vrai­son à do­mi­cile. Cer­tains disent avoir vécu « deux jours hor­ribles avant le confi­ne­ment » dans un contexte « ubuesque » concer­nant la dis­tri­bu­tion des masques de pro­tec­tion aux pro­fes­sion­nels de santé. Et tout cela alors que les ti­tu­laires étaient par­fois confron­tés à une ab­sence de per­son­nel pour ma­la­die ou pour cause de garde d’en­fants. D’autres confrères ont vu leur ac­ti­vité aug­men­ter de fa­çon ex­cep­tion­nelle dans un pre­mier temps en rai­son de l’ar­ri­vée de per­sonnes ve­nues « se mettre au vert » pour vivre un meilleur confi­ne­ment.

 

Pour en­vi­ron 15 % d’entre vous, l’ac­cal­mie ne s’est pas fait sen­tir. La si­tua­tion est même de­ve­nue ten­due, voire in­gé­rable (voir se­cond graphe)Près de 60 % es­timent que cela est dû non seule­ment à des pro­blèmes d’or­ga­ni­sa­tion, mais aussi au com­por­te­ment de leur pa­tien­tèle. Beau­coup té­moignent de stress dans leur équipe, no­tam­ment lié au nombre in­suf­fi­sant de masques pour le per­son­nel, d’au­tant que les pré­pa­ra­teurs n’ont pas été in­clus dans la liste des soi­gnants pou­vant en bé­né­fi­cier. Il faut aussi, pour les of­fi­ci­naux, ré­pondre aux an­goisses des pa­tients, exi­geants, in­quiets des pé­nu­ries de masques, de gel hy­dro­al­coo­lique, de ther­mo­mètres et par­fois de mé­di­ca­ments pour leur trai­te­ment ha­bi­tuel, avec le sen­ti­ment « d’être dé­mu­nis ». L’ex­pé­rience as­sez lar­ge­ment par­ta­gée est que « les pa­tients sont à cran, pas tou­jours rai­son­nables dans leurs de­mandes et cela se res­sent sur le per­son­nel qui s’énerve ra­pi­de­ment ». Les ti­tu­laires in­ter­ro­gés se plaignent aussi d’un manque d’in­for­ma­tion, de consignes peu claires et trop chan­geantes de la part des au­to­ri­tés qui « nous en­voient ordre et contre-ordre en per­ma­nence, ra­jou­tant en­core du stress à notre exer­cice ». Bref, « ré­pondre aux an­goisses, au té­lé­phone, aux rup­tures de mé­di­ca­ments, aux in­jonc­tions ad­mi­nis­tra­tives, ça de­vient com­pli­qué ! »

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