Peut-on moduler le montant d’une prime en fonction des ventes au comptoir ?
La législation est très claire sur le sujet : cela est interdit. Toutes les pratiques qui incitent à la vente de médicaments, remboursables ou non, sont déontologiquement contraires au Code de la santé publique. L’article R.4235-64 est explicite, « le pharmacien ne doit pas, par quelque procédé ou moyen que ce soit, inciter ses patients à une consommation abusive de médicaments ».
Le versement d’un 13e mois à ses salariés est-il une obligation ?
Ni la loi, ni la convention collective nationale de la pharmacie d’officine n’obligent le titulaire à verser à ses collaborateurs un 13e mois ou toute autre gratification de fin d’année. Ces primes dites « discrétionnaires » résultent du bon vouloir du chef d’entreprise. Attention, si une clause du contrat de travail, un engagement unilatéral de l’employeur, ou un usage prévoit le versement, la prime revêt un caractère obligatoire. Précisons que l’usage suppose que l’avantage soit accordé à tous les salariés, ou à une même catégorie, depuis plusieurs années (au moins trois années d’après la jurisprudence), et selon un même mode de calcul. Pour que le titulaire ne s’enchaîne pas à l’obligation de verser chaque année une prime déconnectée des performances, il importe qu’elle ne devienne pas un usage. Pour cela, il est conseillé de ne pas accorder chaque année le même montant et de varier la date de versement.
Comment supprimer une prime déjà accordée à un employé ?
La marge de manœuvre du titulaire dépend de l’origine de la prime. Si elle figure dans le contrat de travail, il ne pourra pas la supprimer sans l’accord du salarié, même si le contexte économique est défavorable. Autre cas de figure, si l’employeur a depuis plusieurs années offert une prime de Noël d’un montant fixe ou un 13e mois, il s’agit d’un avantage acquis par la force de l’usage. Pour le supprimer, il devra appliquer une procédure de dénonciation en informant individuellement et par écrit chaque salarié avec un délai de prévenance suffisant. Attention, une simple note de service affichée ou une information donnée début décembre pour une suppression à la fin du même mois n’est pas valable. Enfin, si la prime constitue une récompense exceptionnelle, son versement reste à la discrétion de l’employeur qui garde le contrôle sur son montant et son attribution. L’employeur pourra la supprimer sans formalités, ni préavis.