Ce taux, clairement insuffisant, qui apparaît dans l’exposé des motifs de la récente proposition de loi (PPL) visant à rétablir l’obligation vaccinale contre la grippe pour les professionnels de santé émane de Nicolas Revel, directeur général de l’AP-HP. Actuellement, d’après le texte déposé par Agnès Firmin Le Bodo (Horizons et Indépendants, Seine-Maritime) le 11 juillet dernier, le vaccin contre la grippe est seulement « recommandé » chez les professionnels de santé, alors même que ces derniers sont « tenus d’être vaccinés contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, l’hépatite B, la coqueluche, la rougeole et les infections à Haemophilus influenzae de type B ».
Protéger les patients vulnérables…
Rappelant à quel point la part des hospitalisations pour syndrome grippal parmi celles toutes causes confondues a été exceptionnellement élevée dans toutes les classes d’âge de la population française l’hiver dernier, la PPL affirme l’utilité d’une obligation vaccinale des soignants. En effet, « cela réduirait significativement le risque de transmission du virus de la grippe à ces potentiels patients vulnérables ».
… et tester le remboursement du vaccin pour tous
La PPL vise donc « à instaurer une nouvelle obligation de vaccination, celle contre la grippe saisonnière pour tous les professionnels de santé afin de réduire la transmission du virus et protéger les patients ». Mais le texte va plus loin : il prévoit d’autoriser, à titre expérimental, la prise en charge par la Sécurité sociale du vaccin antigrippal pour tous les assurés sociaux pendant trois ans et dans trois régions. Six mois avant le terme de l’expérimentation, le gouvernement remettrait au Parlement « un rapport évaluant l’impact du remboursement du vaccin contre la grippe saisonnière sur le taux de vaccination de la population et sur l’ampleur de l’épidémie dans les régions concernées ». La charge financière pour l’État serait compensée par « la majoration de l’accise sur les tabacs ».