N°1380
Mai 2026

Désertification : une étude prospective menée en Auvergne-Rhône-Alpes

L’URPS pharmaciens d’Auvergne-Rhône-Alpes a mené une enquête visant à établir un profil des officines fragiles de la région et à réclamer des aides ciblées.

© adobestock_cceliaphoto
par Anne-Gaëlle Moulun
Le 03 November 2023

« La Di­rec­tion gé­né­rale de l’offre de soins (DGOS) a un pro­jet pour es­sayer de trou­ver des so­lu­tions dans les en­droits où il y a des dé­serts mé­di­caux très im­por­tants, as­so­ciés à des dis­pa­ri­tions de phar­ma­cies », ex­plique Oli­vier Ro­zaire, pré­sident de l’URPS phar­ma­ciens d’Au­vergne-Rhône-Alpes (Aura). Le pro­blème est qu’« elle ré­flé­chit à la fa­çon de créer une offre de soins dans ces ter­ri­toires aban­don­nés alors que, pour nous, il est plus fa­cile de trou­ver des so­lu­tions avec des struc­tures exis­tantes plu­tôt que d’en re­créer ex ni­hilo ». L’URPS a donc lancé une étude pros­pec­tive dans la ré­gion pour dé­ter­mi­ner les en­droits où l’offre de soins pour­rait être en dif­fi­culté dans les 3 à 5 ans à ve­nir. « Notre but est d’iden­ti­fier les of­fi­cines struc­tu­rantes et de les ac­com­pa­gner pour les main­te­nir sur ces ter­ri­toires », pour­suit Oli­vier Ro­zaire. Pour cela, plu­sieurs cri­tères ont été choi­sis : une phar­ma­cie seule dans sa com­mune, éloi­gnée de plus de 15 mi­nutes d’une autre of­fi­cine et dont l’ac­ti­vité éco­no­mique est in­fé­rieure à 1,3 mil­lion d’eu­ros. L’offre de soins a éga­le­ment été ana­ly­sée. « S’il y a un seul phar­ma­cien et un seul mé­de­cin, la si­tua­tion risque de de­ve­nir com­pli­quée, sur­tout si le mé­de­cin a plus de 60 ans », sou­ligne le pré­sident de l’URPS Aura.

Entre 100 000 et 150 000 usa­gers tou­chés

Dans un se­cond temps, toutes les phar­ma­cies struc­tu­rantes ont été in­ter­ro­gées pour se faire une idée de leur si­tua­tion concrète : la po­pu­la­tion du vil­lage se dé­ve­loppe-t-elle ou, au contraire, di­mi­nue-t-elle, les ti­tu­laires ont-ils en­vie de vendre leur phar­ma­cie ou non, se sentent-ils en dif­fi­culté ? « Au dé­part, nous avons iden­ti­fié 82 of­fi­cines puis, après la deuxième phase de l’étude, ce chiffre s’est éta­bli entre 50 et 60. Si ces phar­ma­cies dis­pa­raissent, cela va créer de gros trous dans la carte », ex­plique Oli­vier Ro­zaire. Le der­nier tra­vail va être réa­lisé par l’ob­ser­va­toire ré­gio­nal de la santé, qui va cal­cu­ler le vo­lume de po­pu­la­tion tou­ché par la dis­pa­ri­tion de ces of­fi­cines : « Nous l’es­ti­mons entre 100 000 et 150 000 usa­gers, ce qui n’est pas né­gli­geable et ne pourra qu’em­pi­rer si on re­com­mence la même étude l’an pro­chain. »

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