Dans un communiqué du 30 janvier, l’Afpa tire la sonnette d’alarme sur « l’urgence de protéger les plus jeunes » dans un contexte où « la campagne de vaccination contre la grippe est prolongée jusqu’à fin février » et où « la situation épidémique reste préoccupante en France ». En effet, les enfants « représentent une part importante des passages aux urgences hospitalières et des soins non programmés dans le secteur ambulatoire ». Or, « malgré les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS), la couverture vaccinale des enfants reste insuffisante ». Pire, insiste l’Afpa, « à peine 14 % des enfants fragiles » sont vaccinés contre la grippe. Des chiffres « très éloignés des objectifs de l’OMS, qui recommande une couverture vaccinale de 75 % des populations à risque ».
Trois axes prioritaires
L’association de pédiatres appelle à « une mobilisation immédiate autour de trois axes prioritaires ». En premier lieu, rendre accessible le vaccin nasal qui est une « alternative pratique et non invasive, idéale pour surmonter les appréhensions liées aux injections ». Malheureusement, explique Andreas Werner, président de l’Afpa, « son absence de remboursement génère une double inégalité : d’un côté, les familles modestes sont privées d’une solution essentielle ; de l’autre, les laboratoires renoncent à sa commercialisation faute de soutien financier ». Résultat : il n’est pas disponible dans les pharmacies en France.
Deuxième axe de mobilisation : « Renforcer les campagnes de sensibilisation nationale » pour faire passer le message que la grippe ne concerne pas seulement les personnes âgées et « peut également avoir des conséquences graves pour les enfants ». L’Afpa rappelle, en outre, que « vacciner les plus jeunes est une priorité pour limiter la transmission du virus ». Elle demande qu’un accès facile aux tests de diagnostic rapide soit garanti et « leur prise en charge systématique par l’Assurance maladie ». Cela permettrait d’assurer « un diagnostic précoce » et la possibilité d’utiliser un traitement antiviral, efficace uniquement s’il est administré dès les premiers symptômes.
Enfin, l’association invite à « améliorer la diffusion des recommandations de la HAS » auprès des professionnels de santé comme des familles, celle-ci préconisant depuis 2020, sans être pleinement entendue, « la vaccination systématique des enfants de 2 à 17 ans ».