C’est « une victoire d’étape pour la pharmacie », proclame la FSPF dans un communiqué diffusé ce 24 septembre à l’issue du rendez-vous organisé à 18 heures à Matignon. Une rencontre au cours de laquelle Sébastien Lecornu a annoncé aux deux syndicats la suspension « pour une durée minimale de trois mois » de l’arrêté du 4 août dernier qui avait mis le feu aux poudres. Sa disparition, d’une manière ou d’une autre, était devenue la condition sine qua non à une reprise du dialogue.
Les fruits du combat
Une semaine à peine après la journée du 18 septembre qui avait vu l’immense majorité des pharmacies de France baisser le rideau en signe protestation, la FSPF se réjouit que « la forte mobilisation [ait], dans l’immédiat, porté ses fruits ». La suspension du décret honni signifie donc que, durant trois mois à compter de la parution du nouveau texte qui devrait intervenir sous peu, le plafond des remises sur les génériques sera de nouveau porté à 40 %, de même que celui sur les médicaments hybrides. Le plafond des remises sur les biosimilaires demeure quant à lui fixé à 15 %. Cette main tendue par le nouveau chef du gouvernement permet donc à la profession de souffler tout en permettant l’instauration d’un nouveau terrain de concertation entre les représentants des pharmaciens et les pouvoirs publics.
Mission flash gouvernementale
Ce gel de la baisse sur les plafonds des remises va s’accompagner d’une « mission “flash” sur le circuit de distribution du médicament, confiée à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l’Inspection générale des finances (IGF) », précise la FSPF. Son objet sera d’ « identifier les flux financiers et mesurer les impacts des évolutions de plafonds sur la rémunération officinale ». L’objectif du gouvernement est de mettre à profit la fenêtre de ces trois mois d’apaisement pour mettre sur la table de nouvelles propositions.
Pérenniser le modèle économique du réseau
Un protocole d’accord cosigné par le Premier ministre, la FSPF et l’Uspo entérine la suspension de l’arrêté et « élargit le champ d’application de la mission Igas-IGF à l’identification des leviers nécessaires à la pérennisation du modèle économique des officines ». Il intègre également un « accompagnement prioritaire, par des aides financières et le développement de missions de soins de proximité » pour les 900 officines en difficulté sur tout le territoire, ainsi que la généralisation de l’expérimentation Osys qui élargit les prérogatives des officinaux dans un certain nombre de pathologies du quotidien.
Soulagement et vigilance
Si la satisfaction est bien entendue immense après trois mois de mobilisation intensive, le triomphalisme n’est, pour autant, pas de mise. Consciente qu’il ne s’agit donc que d’une étape, la FSPF annonce qu’elle « contribuera pleinement […] à trouver des réponses aux difficultés du réseau officinal » qui demeurent bien réelles. En attendant, elle appelle à « une pause des actions » et prévient qu’elle « n’acceptera, ni aujourd’hui, ni dans trois mois, des mesures qui remettraient en cause la pérennité des pharmacies d’officine ».
