N°1378
Mars 2026

Entraide, recherche et fraude

La dynamique de ces nouveaux médicaments capables de traiter le diabète et l’obésité ne faiblit pas.

Le Pharmacien de France
© adobestock_AngelinArt
par Mélanie Mazière
Le 26 septembre 2025

Déjà six ans qu’Ozempic (sémaglutide) a déferlé en France et la popularité des analogues du GLP-1 ne cesse de croître. Conçus pour traiter le diabète de type 2, ils sont aussi efficaces dans la perte de poids mais ne bénéficient pas d’une prise en charge dans le cadre de l’obésité. Cela pourrait néanmoins évoluer car Wegovy (sémaglutide, Novo Nordisk) et Mounjaro (tirzépatide, Eli Lilly) ont reçu un avis favorable au remboursement.

Écarts de prix

Pour l’heure, les prix sont donc libres et peuvent différer d’une pharmacie à l’autre. Si les laboratoires estiment le tarif mensuel entre 250 et 330 euros, les écarts seraient en réalité bien plus importants selon le site mapjaro.fr qui propose un relevé par dosage. Créé par une spécialiste du développement web, Cellya Sirot – elle-même confrontée à de fortes disparités de prix de son traitement Mounjaro – ce comparateur se veut un outil collaboratif, les patients pouvant indiquer les prix constatés en officine. Quelques pharmacies font aussi la démarche de donner les tarifs pratiqués. Le site a fermé début septembre car Cellya Sirot ne pouvait plus continuer à le gérer seule, pour rouvrir quelques jours plus tard, étoffé d’une nouvelle équipe, avec la promesse d’une interface améliorée d’ici à la fin du mois. Entre-temps, un site concurrent a vu le jour, mapjaro.org. « J’ai indiqué au fondateur que je n’étais pas à l’aise avec la reprise du nom du site que j’ai créé, regrette Cellya Sirot. Mon objectif est de proposer une plateforme d’entraide sans publicité et gratuite ; le parcours de santé des personnes touchées par l’obésité est déjà suffisamment coûteux tant financièrement qu’en matière de charge mentale. »

Contrefaçons

En permettant aux patients de se procurer leur traitement au meilleur prix, mapjaro.fr a un rôle à jouer face aux sites frauduleux qui proposent des médicaments illégaux présentés comme des analogues du GLP-1, au point de pousser l’Agence européenne des médicaments (EMA) à mettre en garde les acheteurs d’« un risque très élevé d’échec du traitement, de problèmes de santé graves et inattendus et d’interactions dangereuses avec d’autres médicaments ». Et à leur rappeler que seuls les produits vendus en pharmacie sont sûrs. De son côté, l’ANSM a saisi le procureur de la République pour « exercice illégal de la pharmacie » et « infraction caractérisée en lien avec la diffusion sans autorisation de publicité auprès du grand public en faveur de ces médicaments soumis à prescription ».

Prise orale

L’appétit des contrefacteurs a de quoi être aiguisé. Selon les données du GERS Data, entre juillet 2024 et juillet 2025, les ventes d’aGLP-1 – boostées par l’ouverture de la prescription à tout médecin le 23 juin dernier – ont progressé de 24 % en valeur pour atteindre un chiffre d’affaires de 426 millions d’euros, et de 18 % en volume. Ce marché devrait s’étoffer d’une molécule à prise orale quotidienne : l’orforglipron a démontré une perte de poids significative et des améliorations cardiométaboliques dans plusieurs essais de phase III. Eli Lilly compte déposer « rapidement » des demandes d’AMM.

Partager ce contenu
À lire aussi
Interpellée sur les fraudes aux arrêts de travail, la ministre de la Santé divulgue les premiers chiffres du bilan an...
Partiellement communiquées aux syndicats officinaux, les conclusions de la mission Igas/IGF mettent en lumière la néc...
Alors que l’année 2026 a démarré à la peine avec un chiffre d’affaires en baisse en janvier, de timides progrès ont é...
Bienvenue sur le nouveau site du Pharmacien de France !

Vous êtes déjà abonné ?
Connectez-vous pour mettre à jour vos identifiants :

 

Vous n’êtes pas encore abonné ?
Rejoignez-nous !