Votée à l’unanimité lors du conseil d’administration qui s’est tenu du 19 au 21 juin à Mulhouse (Haut-Rhin), la réforme qui s’annonce repose sur un constat sans appel.
Niveau de cotisation
« Aujourd’hui, à revenu égal, un pharmacien libéral cotise moins pour sa retraite que son adjoint salarié », observe la CAVP, exemple à la clé. Ainsi, « un adjoint salarié ayant un revenu annuel de 46 500 euros (coefficient 600) cotise pour sa retraite à hauteur de 16 520 euros par an. Pour atteindre ce niveau de cotisation, un pharmacien libéral doit déclarer un revenu d’activité annuel de 83 000 euros. »
Mode d’exercice
En cause ? L’évolution juridique du mode d’exercice, analyse la CAVP. En effet, « la généralisation de l’installation des pharmaciens en entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés (IS) a pour conséquence une baisse de la rémunération déclarée en revenus professionnels au profit d’une progression de la rémunération versée sous forme de dividendes, ce qui réduit la base des cotisations sociales, et donc des cotisations retraite ».
Comparaison entre libéraux
Résultat, l’effort de cotisation des pharmaciens titulaires est désormais inférieur à celui d’autres professionnels libéraux. Celui-ci est de « 20 % pour un pharmacien déclarant un revenu annuel de 80 000 euros, 30 % pour un médecin en secteur 1 (avec les aides de l’État) et 23 % pour un expert-comptable », remarque la CAVP. En toute logique, le niveau de leurs pensions est donc lui aussi inférieur.
Classes de cotisation
D’après l’état des lieux chiffré de la CAVP, « 66,5 % des pharmaciens libéraux cotisent en classe 3 (la première classe de cotisation) qui correspond, en 2026, à des revenus inférieurs à 85 369 euros ».
Or, selon ses calculs, trente ans de cotisation en classe 3, soit un montant mensuel d’environ 1 300 euros, « donnent droit à une pension mensuelle (hors régime des prestations complémentaires de vieillesse, réservé aux biologistes) d’à peine plus de 2 000 euros » pour un départ à la retraite à 67 ans. Et d’ajouter, « dans les mêmes conditions, trente-sept ans de cotisation en classe 3 produisent une retraite mensuelle de l’ordre de 2 600 euros ».
Une réforme nécessaire
Pour les administrateurs de la CAVP, il y a une absolue nécessité à réformer les barèmes des classes de cotisation du régime complémentaire par capitalisation, « pour permettre aux pharmaciens de bénéficier d’une meilleure pension de retraite en cotisant davantage dans le régime de capitalisation ».
D’autant, soulignent-ils, que « la revente des officines n’étant plus assurée, les pharmaciens devront pouvoir compter sur un revenu différé pour financer une période d’après-activité de près de vingt-cinq ans ».
Une hausse progressive
La CAVP a fait le choix d’une augmentation des cotisations étalée sur cinq ans, au terme desquels « chaque pharmacien cotiserait en moyenne 2 à 3 classes au-dessus de sa classe actuelle ».
La caisse illustre son propos : « Pour un revenu de 70 000 euros, la réforme conduirait à une hausse des cotisations du régime complémentaire de 5 % par an pendant cinq ans pour une augmentation de la pension totale du régime complémentaire de près de 25 % ».
