N°1374
Novembre 2025

Dans la bonne direction

par Philippe Besset
Le 20 mai 2025
Le-Pharmacien-de-France
© Nicolas Kovarik
Philippe Besset

Président
de la Fédération
des syndicats
pharmaceutiques
de France

La volonté publique de renforcer l’accès aux soins et de pallier les inégalités en la matière anime les débats parlementaires depuis plusieurs semaines. Deux projets de loi, l’un porté à l’Assemblée nationale par Guillaume Garot et l’autre, au Sénat, par Philippe Mouiller ont ainsi été adoptés en première lecture. Après concertation avec le gouvernement, le second poursuivra son chemin. Il servira de véhicule législatif au premier qui viendra ainsi l’enrichir. Si l’issue du texte n’est pas encore scellée, il nous faut retenir que trois mesures concernent directement la profession et correspondent en grande partie à nos attentes.

« L’implication des pharmacies
dans le parcours de soins
dépend d’une économie officinale
en bonne santé. »

L’article 12 autorise ainsi les pharmaciens à contribuer à l’évaluation et à la prise en charge de situations cliniques sur tout le territoire ainsi qu’à l’orientation du patient dans le parcours de soins. Un arrêté fixera la liste de ces situations ainsi que les modalités de coordination avec le médecin traitant après publication des recommandations de la Haute Autorité de santé. Donner aux officinaux une plus grande capacité de décision et d’action dans le champ du premier recours est une mesure pertinente. Elle offrira à nos concitoyens une réponse sanitaire rapide et adaptée pour des petits accidents et affections de la vie courante (plaies simples, brûlures du premier degré, odynophagie…). Les sénateurs ont également considéré ­favorablement notre demande de pouvoir être épaulés par les préparateurs dans la réalisation de ces nouveaux actes. Le texte prévoit en effet une habilitation qui leur serait donnée après avis des Académies de médecine et de pharmacie. Enfin, nous avons obtenu ce que nous demandions depuis le départ : la possibilité de modifier le cadre de la convention qui nous lie avec l’Assurance maladie. Cette évolution permettra aux officines qui demeurent les dernières de leur commune de bénéficier d’une aide financière, y compris lorsqu’elles ne sont pas situées dans un territoire défini comme fragile.
Ce texte, qui va désormais être examiné à l’Assemblée nationale, fait l’objet d’une procédure accélérée à la demande de l’exécutif, dont la volonté est qu’il soit applicable dès septembre prochain, soit avant le nouveau projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Les avancées qu’il contient, à la fois pour le maintien du maillage pharmaceutique, l’élargissement du périmètre des actes autorisés en accès direct et, in fine, le renforcement d’un accès aux soins plus équitable, sont loin d’être négligeables et vont dans la bonne direction. Mais nous ne perdons pas de vue que l’implication pleine et entière des pharmacies dans le parcours de soins dépend avant tout d’une économie officinale en bonne santé. Dans ce contexte, le débat à venir sur les remises génériques et biosimilaires est absolument crucial : il est hors de question que l’on nous donne dans une main ce que l’on nous aurait pris dans l’autre.

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