Si les partenaires doivent encore attendre le mois de mai pour savoir si le DES officine entrera en application en 2025 ou en 2026, la FSPF se réjouit de la désignation d’un « véritable pilote de la réforme » en la personne de Romain Bégué. L’homme n’est pas un inconnu pour le syndicat. Nommé à la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) en janvier dernier, il a été le conseiller de huit ministres de la Santé de juin 2022 à décembre 2024 après avoir exercé différentes fonctions au sein de l’Assurance maladie durant presque dix ans (Cnam, Cpam de Paris et de Seine-Saint-Denis, Cramif).
Pour Philippe Besset, président de la FSPF, c’est un signe fort d’une « vraie volonté d’aboutir » du gouvernement, a-t-il déclaré lors de son Live hebdomadaire. Mais à la question de Lucie Bourdy-Dubois, présidente de la commission Métier pharmacien de la FSPF, « Peut-on espérer que le DES fasse son entrée en septembre prochain dans la formation initiale des docteurs en pharmacie ? », il s’est montré réservé. « On peut l’espérer, mais rien n’est moins sûr », a-t-il estimé deux jours après une réunion sur le sujet au ministère de la Santé. Certes, « les travaux avancent » avec les services de l’État, mais ils ont commencé tardivement. « Si nous avions réalisé ces travaux l’an dernier, je dirais sans aucun doute qu’ils auraient abouti en septembre », explique Philippe Besset.
Poursuivre les préparatifs
Dès lors, le travail se déroule « à marche forcée » et les sujets à arbitrer sont nombreux : déterminer le statut de l’étudiant, les circuits financiers, la maquette pédagogique, les terrains de stage… Sans même parler du statut de maître de stage universitaire (MSU), déjà mis en avant dans un courrier commun avec l’Anepf, la Conférence des doyens et l’Uspo adressé au ministre chargé de la Santé, Yannick Neuder, à la mi-février, et remis sur la table le 26 mars lors de la conférence post-réélection de Philippe Besset à la tête de la FSPF. L’objectif, pour l’heure, est d’obtenir du gouvernement la garantie de la création de ce statut pour les pharmaciens d’officine qui accueilleront les étudiants en 3e cycle officine. « Si on veut lancer le DES dès septembre 2025, il faut qu’on commence sans ce statut. Celui-ci nécessite en effet une loi pour sa création et un budget à allouer pour former et payer les MSU, ce qui pourrait être inscrit dans le PLFSS pour 2026 », détaillait alors le président réélu.
Les partenaires ont deux autres réunions programmées en avril et en mai, cette dernière étant celle au cours de laquelle sera décidé si le top départ du DES officine est fixé à septembre 2025 ou 2026. D’ici là, Philippe Besset conseille aux facultés de pharmacie de poursuivre leurs préparatifs en vue de la rentrée prochaine, tout en ayant conscience que la réforme pourrait encore être repoussée d’un an.