Les officines dont le chiffre d’affaires (CA) dépasse les 1,2 million d’euros se sont particulièrement bien vendues l’an dernier, observe Interfimo, qui a passé au crible les chiffres de 969 transactions, soit 65 % du marché. En pourcentage de CA, hors activité Covid, le prix de cession moyen de ces pharmacies atteint 87 %, contre 83 % en 2021, soit une hausse de 4 points. Et plus le CA est important, plus le coefficient est élevé : il représente ainsi 92 % du CA pour les officines de plus de 2,4 millions d’euros. « Par typologie d’officine, les écarts s’amoindrissent entre les officines rurales (85 %), de quartier (87 %) et de centre-ville (85 %), alors que l’on note une forte augmentation du prix de cession moyen des pharmacies de centre commercial, de 89 % en 2021 à 97 % en 2022 », relève l’organisme financier, qui pointe tout de même un « ralentissement de la croissance sur le quatrième trimestre 2022 en raison de facteurs économiques (hausse des produits chers, inflation, augmentation des frais de personnel, hausse des taux d’intérêt) qui pourraient avoir un impact sur la rentabilité et, par conséquent, sur la capacité d’endettement des officines ».
Les disparités s’accentuent
Mais qu’en est-il des officines dont le CA est inférieur à 1,2 million d’euros ? Leurs prix sont aussi à la hausse, mais plus légèrement, avec un montant moyen à 64 % du CA. Toutefois, « chaque cas doit être regardé individuellement, la dispersion des prix constatée étant très importante : 60 % des transactions étudiées sont en effet comprises entre 48 et 83 % », indique Interfimo. Les pharmacies de centre-ville se vendent mieux, avec un prix de cession à hauteur de 68 % du CA, soit 7 points de plus que les pharmacies de quartier et 5 points de plus que les pharmacies rurales.
À noter que les prix sont relativement homogènes sur l’ensemble de l’Hexagone, à l’exception de l’Île-de-France où le prix de cession moyen est le plus bas (57 %).
« Le contexte économique et sanitaire a amplifié les disparités entre les grandes officines et les plus petites qui ont davantage de difficulté à mettre en place les nouvelles missions qui leur sont attribuées (tests et vaccinations notamment) », conclut l’étude 2022.