DOULEURS
« J’ai régulièrement mal à l’épaule droite, surtout quand je vais avoir mes règles, qui sont déjà très difficiles à supporter et détraquent aussi mon système digestif. Pensez-vous que je doive en parler avec un kiné ? »
VOTRE CONSEIL
Toutes les douleurs qui ont une fréquence calée sur le cycle menstruel doivent alerter. Même si le lien entre cette douleur à l’épaule et les autres symptômes que vous évoquez (douleurs importantes gynécologiques, troubles digestifs au moment des règles) ne vous paraît pas aller de soi, il pourrait en fait être le signe d’une endométriose. C’est donc un gynécologue que je vous conseille de consulter, pour faire le point sur l’ensemble de vos symptômes et explorer cette piste.
À NOTER : chez une patiente qui a d’autres symptômes évocateurs d’une endométriose, une douleur à l’épaule doit être explorée pour vérifier qu’il ne s’agit pas de lésions endométriosiques au niveau du diaphragme, qui sont assez typiques.
ENDOMÉTRIOSE OU PAS ?
« Ma fille, collégienne, a très mal durant ses règles. Elle est obligée de prendre du paracétamol chaque mois. Pensez-vous qu’il puisse s’agir d’endométriose ? »
VOTRE CONSEIL
Les douleurs menstruelles ne doivent pas être négligées, mais toutes ne sont pas causées par une endométriose. On estime à 10 % de la population féminine la proportion de patientes concernées par cette pathologie. Si le paracétamol suffit à la soulager, il est peu probable qu’elle souffre d’endométriose. Cependant, nous allons vérifier qu’elle ne dépasse pas la posologie maximale.
Le recours à des AINS pourrait être envisagé, ils sont plus efficaces dans la prise en charge de ce type de douleur.
À NOTER : un bon repère est l’absentéisme (scolaire ou professionnel, selon l’âge de la patiente). Si les douleurs sont tellement fortes qu’elles empêchent la patiente de suivre ses activités quotidiennes, une consultation gynécologique est indispensable. Elle permettra de faire un bilan global, en interrogeant la patiente sur l’ensemble des symptômes dont elle souffre (gynécologiques mais aussi digestifs, urinaires ou autre) et en programmant des explorations le cas échéant.
DÉPRESSION
« Comme je me sens déprimée, j’ai acheté du millepertuis en magasin bio. J’ai toujours aussi mal au moment de mes règles, malgré la pilule que m’a prescrit mon gynécologue. Est-ce que vous pensez que je dois persister avec le millepertuis ou prendre autre chose ? »
VOTRE CONSEIL
Le millepertuis est un inducteur enzymatique, il va donc réduire l’efficacité de votre pilule à la fois d’un point de vue contraceptif, mais aussi du point de vue de son action sur vos douleurs ! Il est donc contre-indiqué avec votre pilule. Je vous conseille d’arrêter cette plante et d’observer si vos douleurs sont soulagées ou non avec le traitement pleinement disponible. Si vous avez eu des rapports sexuels sans préservatif, je vous conseille de faire un test de grossesse. Un soutien psychologique voire un traitement médicamenteux pourrait vous aider : n’hésitez pas à en parler avec votre médecin.
À NOTER : l’endométriose a un fort impact sur la santé mentale. Les associations de patientes le savent bien et proposent une mise en réseau très utile.
TRAITEMENT
« Je prends une pilule pour réguler mon endométriose. Je dois normalement faire une pause de 7 jours à la fin de la plaquette, mais mes règles sont si douloureuses… Puis-je enchaîner deux plaquettes ? »
VOTRE CONSEIL
L’administration de la contraception estroprogestative peut tout à fait se faire sur un schéma continu, notamment lorsque des douleurs persistent durant la pause entre deux plaquettes. N’hésitez pas à en parler avec votre médecin si cela ne suffisait pas à vous soulager.
À NOTER : contrairement à une idée reçue, la prise en continu des contraceptifs oraux n’augmente pas le risque thromboembolique par rapport à une prise discontinue.