N°1368
Mars 2025

Feu vert à la vaccination en officine contre le chikungunya

Un arrêté paru au Journal officiel organise la campagne de vaccination et autorise les pharmaciens de La Réunion à administrer le vaccin.

@adobestock_ImageKing
par Claire Frangi
Le 04 avril 2025

Alors que l’épidémie de chikungunya à La Réunion est généralisée et poursuit sa progression, à partir du lundi 7 avril les pharmaciens de l’île vont pouvoir administrer gratuitement le vaccin Ixchiq issu du stock État. Le laboratoire Valneva en a livré 40 000 doses début avril en précisant avoir « la possibilité d’en fournir davantage, au travers de contrats de distribution avec les grossistes répartiteurs de l’île ». Un arrêté autorisant les pharmaciens à vacciner, publié au Journal officiel le 2 avril, charge l’Agence régionale de santé (ARS) de La Réunion d’organiser la campagne de vaccination, prévue pour durer jusqu’au 15 juillet. Elle est destinée, en accord avec les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) prises en urgence le 5 mars 2025, aux personnes à risque de développer une forme grave (65 ans et plus, 18-64 ans avec comorbidités) et aux professionnels de la lutte antivectorielle. Des recommandations qui devraient évoluer dans les mois à venir incluant une « stratégie de prévention », l’arrivée d’autres vaccins contre le chikungunya (Vimkunya de Bavarian Nordic a été homologué fin février dernier) et l’extension d’AMM accordée à Ixchiq dès 12 ans. L’arrêté stipule que pour pouvoir administrer le vaccin, les pharmaciens doivent respecter les conditions de formation.

Vaccination hors calendrier vaccinal

Cette autorisation est « exceptionnelle » a souligné Philippe Besset lors de son Live hebdomadaire. Elle s’appuie sur l’article L3131-1 du Code de la santé publique, qui permet la prise de mesures d’urgence en cas de menace sanitaire grave, et notamment en cas d’épidémie. Selon Philippe Besset, cette situation « illustre la nécessité de réformer le texte sur le droit de prescription et d’administration des vaccins. Nous nous trouvons dans le cas typique d’un vaccin qui n’est pas dans le calendrier vaccinal, donc que nous ne sommes pas autorisés à administrer ». Le circuit initialement prévu par l’ARS impliquait pour les patients de se rendre chez le médecin pour obtenir une prescription, puis chez le pharmacien pour se voir délivrer le vaccin, puis à nouveau chez le médecin pour l’injection. Une situation « lunaire sous les tropiques », et alors « que nous sommes formés pour vacciner » considère le président de la FSPF, qui s’est particulièrement mobilisé pour obtenir cette autorisation. Il a par ailleurs mis ce sujet de la vaccination hors calendrier vaccinal à l’ordre du jour de sa prochaine réunion avec le cabinet du ministre de la Santé.

Pas de prescription

Si l’administration en officine du vaccin Ixchiq revêtait un caractère d’évidence pour Philippe Besset, il était en revanche « encore un peu trop tôt » pour que soit également autorisée sa prescription « qui est complexe ». Il s’agit en effet d’« un vaccin vivant atténué, pour lequel il n’y a pas encore eu d’expérimentation en vie réelle, qui exige que certaines conditions soient vérifiées avant toute prescription » a-t-il précisé. Le président de la FSPF a également indiqué que « l’Assurance maladie a mis en place en urgence un système informatique pour tracer les doses, qui sont des stocks d’État, et l’administration des vaccins ». De fait, l’arrêté prévoit que les pharmaciens transmettent à l’ARS les données relatives à la dispensation et à l’administration des vaccins. Un système qui remplace avantageusement le remplissage de tableaux Excel initialement prévu, remarque Philippe Besset, à la manœuvre pour éviter une nouvelle complexité administrative.

Un pic épidémique pourrait avoir lieu à La Réunion d’ici à la mi-avril, selon une étude de modélisation réalisée par l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales-Maladies infectieuses émergentes (ANRS-MIE). 13 000 à 29 000 infections par semaine pourraient alors être contractées. Pour l’heure, plus de 20 000 cas autochtones ont été recensés depuis le début de l’année 2025, selon le dernier bulletin de Santé Publique France, et 6 000 nouveaux cas ont été enregistrés pour la seule semaine du 17 au 23 mars.

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