N°1380
Mai 2026

Intervention du pharmacien : un bénéfice prouvé

À l’occasion des Amphis de l’officine, qui se sont tenus le 1er juin dernier, une vaste étude portée par les laboratoires Pierre Fabre a mis en lumière les effets positifs, tant cliniques qu’économiques, de l’intervention du  pharmacien au bénéfice du patient.

Servanne Lalinec, pharmacienne d’officine, a détaillé les résultats de l’étude de Pierre Fabre/Spring Health + sur l’impact clinique et économique des interventions du pharmacien dans le parcours de soins.
©Hugo_Alandry-Begin_Conseil
Le 19 June 2026

Les bénéfices cliniques et économiques de l’intervention des pharmaciens auprès de leurs patients ne faisaient aucun doute. Ils sont désormais objectivés grâce à une vaste étude menée par Spring Health + pour le compte de Pierre Fabre, portant sur 83 publications scientifiques, essentiellement des méta-analyses et des revues systématiques parues ces dix dernières années, réalisées en France, en Europe de l’Ouest et dans des pays à revenu élevé comparables, tels que les Etats-Unis, le Canada ou l’Australie.

Baisse des coûts

Les auteurs ont identifié 28 types d’intervention du pharmacien, comme le dépistage de maladies chroniques, la détection d’interactions, la dispensation protocolisée, l’administration de vaccins, l’éducation thérapeutique du patient (ETP), le conseil pharmaceutique, etc. Et ils ont pu en chiffrer le bénéfice clinique. Ainsi, dans le diabète de type 2, l’intervention du pharmacien permet de réduire de 0,4 à 1,9 % le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c). Celle-ci permet aussi d’abaisser en moyenne de 9,9 mmHg la pression artérielle des patients hypertendus. De même, face aux dyslipidémies, elle réduit en moyenne le cholestérol total de 29,63 mg/dl, le cholestérol LDL de 28,90 mg/dl et les triglycérides de 2,68 mg/dl. Ce n’est pas tout : le bénéfice est également financier. Par exemple, la formation au bon usage de l’inhalateur chez les patients atteints de BPCO permet de faire baisser le coût direct de la maladie de 2 448 à 2 221 euros, tandis que les soins collaboratifs dans le diabète réduisent le coût annuel par patient de 7,2 %. « Ces données suggèrent que l’intégration du pharmacien dans la prise en charge des maladies chroniques est non seulement cliniquement pertinente, mais aussi économiquement intéressante », relève Servanne Lalinec, pharmacienne, qui a présenté les résultats de l’étude lors des Amphis de l’officine.

Observance améliorée

Par ailleurs, alors que l’OMS estime que 50 % des malades chroniques ne sont pas observants, l’analyse de Spring Health + met en avant l’impact positif du pharmacien dans ce domaine, que le patient soit traité pour diabète, dyslipidémie, cancer, dépression, VIH, épilepsie ou ostéoporose. Son intervention pour identifier et corriger les problèmes liés aux médicaments (prescription non conforme, dose ou durée inadaptée, interactions, contre-indication, redondance…) est tout aussi bénéfique. Selon une étude multicentrique française incluant 892 patients suivis par 55 officines, 27 % d’entre eux présentaient au moins un problème lié aux médicaments et 78 % des modifications proposées par le pharmacien ont été acceptées par le médecin. Cette méta-analyse insiste en outre sur le rôle de santé publique du pharmacien, citant son implication dans la vaccination de l’adulte et son impact : une augmentation globale de la couverture vaccinale de 30 % et une baisse du coût moyen de l’acte, par exemple de 26 % pour le vaccin antigrippal et de 19 % pour celui contre le zona.

Compétence clinique

Les auteurs n’oublient pas l’engagement du pharmacien dans le sevrage tabagique, la prise en charge des affections bénignes, le bon usage des antibiotiques… « Derrière chaque intervention du pharmacien, il y a une expertise qui sécurise, optimise et, parfois, sauve. L’expertise pharmaceutique est une compétence clinique à part entière. À nous, collectivement, de la faire reconnaître comme telle », souligne Servanne Lalinec, tout en se réjouissant des perspectives à venir, avec de nouvelles missions dans l’hypertension artérielle ou le diabète, et grâce à la généralisation d’Osys.

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