Depuis le 27 mai, les prix d’achat de Kaftrio, Kalydeco, Symkevi et Orkambi ont augmenté pour « inclure les coûts de distribution directe aux officines », selon le courrier daté de la veille reçu par les pharmaciens. Le laboratoire Vertex justifie cette évolution « par l’augmentation des coûts de distribution unitaire en vente directe de près de 20 % en 2025 par rapport à 2024 ». Sur les factures figure désormais une ligne supplémentaire baptisée « marge de distribution ». À titre d’exemple, Kaftrio est passé de 8 257,80 euros à 8 290,30 euros.
Approche problématique
Interrogé à ce propos lors de son Live hebdomadaire, Philippe Besset a précisé que si le laboratoire avait effectivement « le droit de prendre la marge grossiste tout en faisant de la distribution directe et exclusive », ce sujet était problématique aux yeux de son syndicat, et cela depuis longtemps. Et le président de la FSPF de pointer également un problème de confidentialité lié à la vente directe : certains laboratoires en profitent pour recueillir des informations, dont ils ne devraient pas disposer, à propos des patients traités par leurs spécialités. « Nous avons déjà alerté l’Agence du médicament sur ces deux aspects », précise-t-il.
Législation à adapter
Du côté des laboratoires concernés, on brandit la menace du risque d’exportation par les grossistes-répartiteurs à qui ces spécialités seraient confiées, comme l’a rapporté Lucie Bourdy-Dubois qui animait le Live. Un argument vite balayé par Philippe Besset : s’il dit « entendre que l’on puisse avoir des craintes », il appelle à régler la question de l’export différemment, notamment pour les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur. Et de conclure : « Il n’est pas acceptable que des médicaments puissent ne pas être disponibles auprès des grossistes-répartiteurs. Que les laboratoires les distribuent par ailleurs, c’est un plus, mais cela doit venir en complément d’une mise à disposition classique ». Pour lui, pas d’alternative : « Il faut modifier la loi. »
