Adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale début avril dernier, la proposition de loi (PPL) « visant à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires » vient de passer avec succès l’étape sénatoriale. Hormis quelques modifications n’affectant pas l’essentiel du texte, elle repart donc vers le palais Bourbon, mais en procédure accélérée. À l’issue de sa nouvelle lecture par les députés, c’est donc une commission mixte paritaire qui l’entérinera définitivement. Pour le président de la FSPF, Philippe Besset, qui s’exprimait sur ce thème dans son Live hebdomadaire, cette dynamique « permettra, dans les prochains mois, de disposer d’un texte autorisant les pharmaciens à prendre la tension de leurs patients sans tomber dans l’exercice illégal de la médecine et, finalement, de faire notre métier au service de la prévention des risques cardiovasculaires ». Si les agendas ne sont pas bouleversés entre- temps, « cela donnera également la possibilité d’intégrer ce nouvel acte de prévention dans la nouvelle convention que nous devons négocier très prochainement avec l’Assurance maladie ».
Combler les inégalités sur le territoire
Déposée le 23 décembre 2025 par le député (LR, Isère), cardiologue et ex-ministre de la Santé Yannick Neuder, cette PPL a pour ambition de transformer durablement la prévention des maladies neuro-cardio-vasculaires qui représentent un fardeau considérable en matière de morbi-mortalité (deuxième cause de décès en France) et de coût pour la solidarité nationale. Elle vise principalement à combler les lacunes d’une prévention inégalement déployée sur le territoire, en intégrant notamment les pharmaciens d’officine au dispositif. Elle devrait s’articuler autour de trois axes, dont le premier consiste à instaurer un dépistage aux moments clés de la vie afin d’identifier précocement les facteurs de risque (hypertension, diabète, dyslipidémie, etc.) et de pouvoir intervenir avant l’apparition de pathologies graves comme l’infarctus du myocarde ou l’AVC. Les deux autres priorités concernent le renforcement de la sensibilisation, notamment en milieu professionnel, et une meilleure prise en compte du risque cardiovasculaire chez les femmes, longtemps sous-estimé et présentant un retard fréquent de diagnostic.
