C’est à l’initiative de Yannick Neuder, ancien ministre de la Santé et actuel député (Droite républicaine, Isère), cardiologue de formation, que les représentants des médecins, pharmaciens, biologistes et infirmiers se sont réunis à l’Assemblé nationale pour travailler à une proposition de loi. Celle-ci vise à élaborer un « plan cœur » français, déclinaison d’une volonté européenne d’améliorer le dépistage et la prise en charge du risque cardiovasculaire au sein de la population générale.
En effet, les troubles cardiovasculaires sont la deuxième cause de mortalité dans notre pays avec 140 000 décès par an selon les données de Santé publique France. L’institution précise, dans un rapport de mars 2025, qu’ils « représentent un poids considérable pour la santé publique et le système de soins » et qu’ils sont « marqués par de fortes inégalités sociales et territoriales », concluant à la nécessité « d’améliorer leur prise en charge et de renforcer la prévention pour réduire efficacement les facteurs de risque associés ».
Prise de tension et orientation
Comme l’a expliqué Philippe Besset, le président de la FSPF, lors de son Live hebdomadaire, des actions sont déjà en place dans certaines régions, mais il s’agit de démarches locales à l’initiative de caisses primaires d’assurance maladie (CPAM) ou d’agences régionales de santé (ARS). « La proposition de loi voudrait étendre à tout le territoire cette vigilance et créer un véritable parcours de prévention cardiovasculaire impliquant les différents professionnels de santé et les associations de patients », a-t-il précisé. Sous réserve de la modification de textes réglementaires, les entretiens aux âges clés de la vie réalisés par les pharmaciens pourraient donc intégrer la prise de tension et l’orientation des patients vers les laboratoires de biologie pour évaluer certains marqueurs, avant de déclencher, le cas échéant, la consultation du médecin généraliste.
Patchs nicotiniques
Lors des discussions avec le député, le président de la FSPF a rappelé l’importance de la lutte contre le tabagisme dans cet objectif de réduction des risques cardiovasculaires, et appelé à accélérer la mise en place du droit de prescription des substituts nicotiniques par les pharmaciens. Une mesure souhaitée en son temps par le ministre de la Santé François Braun, mais restée dans les cartons depuis sa démission.
