C’est la fin de l’Arlésienne et « ce n’est pas trop tôt », souligne Philippe Besset, président de la FSPF. La réforme de ce texte fondateur qui régit l’éthique pharmaceutique aura nécessité plus de dix ans de travail et d’allers-retours entre les services de l’État et le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (Cnop), dont la présidente, Carine Wolf-Thal, ne cache pas sa satisfaction : « Il renforce l’indépendance professionnelle, encadre les pratiques numériques et rappelle la priorité donnée aux messages de santé publique face aux risques de désinformation. Plus que jamais, il affirme la place du pharmacien comme professionnel de santé de proximité, engagé chaque jour pour la qualité, la sécurité et la confiance des patients dans leurs prises en charge. » Concrètement, ce Code déploie trois grands axes, relève Philippe Besset, à savoir : la qualité des soins aux patients, notamment en définissant la notion de secret professionnel ; l’indépendance du pharmacien « protégée de la financiarisation par de nouvelles règles déontologiques » ; et l’intégration du numérique dans les pratiques, tant pour les aspects de protection des données que pour les règles de communication associées. « Le Code innove en indiquant de suivre les préconisations ordinales en matière de communication, lesquelles vont être construites au fil du temps », ajoute-t-il. Très attendu sur ce point, le décret autorise le pharmacien à « communiquer au public ou à des professionnels de santé, à des fins éducatives, sanitaires ou sociales, des informations scientifiquement étayées sur des questions relatives à son activité professionnelle ou à des enjeux de santé publique », et ce, «sur tout support» et« avec tact et mesure ». Une notion que l’Ordre a promis de mieux définir. À noter également, le texte prévoit une « obligation d’agir par tout moyen » dès que le pharmacien présume une situation « de violences, de sévices, de privations ou de mauvais traitements ».
