N°1368
Mars 2025

Le DES officine pour la rentrée de septembre ?

La profession rappelle l’urgence à prendre certaines mesures pour que la promesse de voir appliquée la réforme du troisième cycle (R3C) à la rentrée 2025, via la création du DES officine, soit tenue.

Le-Pharmacien-de-France
© adobestock_sehraye
par Mélanie Mazière
Le 21 février 2025

Comme sa prédécesseure, Geneviève Darrieussecq, qui avait annoncé, le 25 novembre dernier, la création d’un DES officine dès la rentrée 2025, le ministre de la Santé, Yannick Neuder, s’est engagé à tenir ce délai lors de la cérémonie des vœux fin janvier, et ainsi mettre fin à huit ans de tergiversations. Engagement confirmé le 3 février par la directrice générale de l’offre de soins (DGOS), Marie Daudé, lors d’une conférence organisée par le syndicat des étudiants en pharmacie (Anepf) : « La R3C est un enjeu déterminant qui vise à confirmer l’excellence des parcours par la délivrance d’un DES pour toutes les spécialités pharmaceutiques. Nous sommes pleinement mobilisés pour que la rentrée universitaire 2025 voie la naissance de ces nouveaux diplômes, avec des maquettes de formation rénovées. »
Pourtant, en coulisses, les parties prenantes au mieux s’inquiètent, au pire envisagent encore un report de la réforme. C’est ce qui a poussé les deux syndicats de titulaires, l’Anepf et la Conférence des doyens à se fendre d’un courrier commun à l’intention de Yannick Neuder il y a tout juste une semaine. Le but ? Porter à sa connaissance « deux points de vigilance majeurs » nécessitant un arbitrage. Le premier vise à s’assurer que le statut de maître de stage des universités (MSU), « essentiel pour l’application de cette réforme » va bien être créé. La profession se dit néanmoins consciente que « cette modification nécessite un vecteur législatif » et souhaite recevoir l’assurance que ce statut verra bien le jour à la rentrée 2026 « si 2025 n’est pas envisageable ».

Coup de klaxon

Le second point, expliquent les auteurs du courrier, suscite « une inquiétude légitime des futurs MSU », actuellement sans information sur la forme que prendra la part de l’État dans la rémunération des stages des étudiants en DES officine. Dans son intervention de début février, Marie Daudé n’a pas abordé les détails techniques mais rappelé les priorités de la réforme, à savoir « mieux former aux nouvelles missions, augmenter le temps de formation en stage du parcours officinal en l’accompagnant d’une rémunération revalorisée et d’une indemnité forfaitaire de transport, et améliorer les conditions de vie et de travail des étudiants ».
À ce stade, « nous ne savons rien des intentions de l’État », a regretté Philippe Besset, président de la FSPF, lors de son Live hebdomadaire. Or, sans aucune indication à fin février, les facultés de pharmacie n’ont d’autre choix que de se préparer à l’aveugle pour une rentrée avec ou sans DES officine dans tout juste six mois. « Notre courrier est un gros coup de klaxon au ministre de la Santé, ajoute-t-il. Nous avons besoin des réponses maintenant s’il veut tenir le délai annoncé. »

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