Lors de leurs gardes, les pharmaciens sont régulièrement confrontés à des demandes pour le moins fantaisistes : crème hydratante, vernis à ongles, etc. (voir la rubrique Kiosque, Le Pharmacien de France, n° 1380). Pour autant, les officinaux peuvent-ils appliquer des honoraires spécifiques lorsque les patients se présentent sans ordonnance sur ces créneaux ? À l’occasion de son Live hebdomadaire du 29 mai, Philippe Besset a apporté des éclaircissements sur ce point : « Les honoraires de garde sont conventionnels », a-t-il rappelé. « Ils sont liés à la délivrance d’une prescription médicale remboursable par l’Assurance maladie, avec au moins un médicament remboursable. C’est à cela que sert ce tarif, et on ne peut parler d’honoraire de garde que lorsqu’il y a une ordonnance de médicament remboursable ».
Remboursable versus non-remboursable
Alors, comment gérer la situation si le patient se présente sans ordonnance, durant la nuit ou le dimanche ? Deux cas doivent être distingués, selon le président de la FSPF. Si le patient vient chercher un produit non remboursable, les prix sont libres et de gré à gré. Il est alors possible d’appliquer un tarif dit « différencié » au lait pour bébé ou au complément alimentaire qu’il vient chercher, à la condition expresse que cela soit précisé par un affichage sur la vitrine de la pharmacie ou que le patient ait bien été prévenu en amont de son déplacement à la pharmacie. « Vous pouvez donc facturer 30 euros un tire-tique, par exemple, à condition que le patient le sache avant d’arriver », illustre Philippe Besset. Dans le cas d’un patient souhaitant, cette fois, un médicament remboursable sans disposer d’une prescription pour celui-ci, le pharmacien ne pourra pas majorer le prix de la boîte au-delà du prix habituel, qui est un prix limite. Ainsi, « si quelqu’un vient à 1 heure du matin chercher une boîte de Doliprane, il n’est pas possible de la facturer plus de 2,18 euros », a indiqué le président de la FSPF.
