Après trois mois et demi de négociation entre l’Assurance maladie et les représentants des différentes professions de santé, la FSPF a donné mandat à son président, Philippe Besset, pour signer l’avenant n° 2 à l’accord-cadre interprofessionnel (ACI) sur les maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP). Dans son préambule, il est précisé que « cet avenant vise […] à soutenir l’engagement supplémentaire des structures dans des prises en charge spécifiques, notamment en matière de prévention ou d’accès aux soins des patients dépendants ou vulnérables, ou encore dans l’organisation des parcours des patients de la structure ». Il y est en outre stipulé que les partenaires conventionnels ont cherché à « soutenir davantage toutes [les MSP] qui souhaiteraient rejoindre le réseau France Santé […] et enfin donner des moyens supplémentaires aux structures souhaitant davantage s’engager tout en renforçant l’accessibilité à une offre de soins de qualité pour les assurés ».
Dans son Live hebdomadaire, Philippe Besset a d’ailleurs rappelé que la mise en place du réseau France Santé était une volonté du Premier ministre Sébastien Lecornu et que ce dernier avait, lors de sa première rencontre avec les syndicats d’officinaux, en septembre dernier, quelque peu conditionné son soutien aux pharmaciens dans leur opposition farouche à la baisse de leurs remises sur les génériques à leur adhésion à ce programme. Une condition qui, pour le président de la FSPF, n’en était pas réellement une puisque « les pharmaciens participent naturellement à tout ce qui peut améliorer l’offre de soins dans notre pays ». Rappelons que si la mise en place du réseau France Santé figure bien dans la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 alors que les parlementaires l’avaient initialement rejetée, c’est à l’instigation du gouvernement qui a réintégré l’article lors du votre final du PLFSS.
Les pharmacies dans le dispositif
Doté d’un budget annuel de 150 millions d’euros pour améliorer l’accès aux soins dans les territoires sans offre médicale suffisante, le réseau France Santé apportera 50 000 euros annuels supplémentaires dans les caisses des MSP qui s’engageront dans le dispositif. Une évolution saluée par le président de la FSPF, qui a également évoqué le travail réalisé durant la négociation pour élargir le cadre de la relation entre les MSP et les pharmaciens qui, jusqu’à présent, ne pouvaient exercer dans ces structures constituées en sociétés interprofessionnelles de soins ambulatoire (Sisa) qu’à titre personnel. Avec cet avenant n° 2, c’est la pharmacie d’officine en tant que telle, et non plus uniquement le professionnel de santé pharmacien, qui pourra contractualiser avec la MSP. Dans le détail, les pharmacies situées en zones d’intervention prioritaires (ZIP) dans les territoires sous-denses en médecins et proposant des téléconsultations avec les médecins de la MSP seront désormais prises en compte dans le dispositif.
