Chido est le cyclone le plus dévastateur des 90 dernières années à Mayotte, en raison d’une « configuration rarissime », d’après Météo France. Là où les tempêtes cycloniques arrivent habituellement affaiblies dans le canal du Mozambique, celle-ci s’est au contraire renforcée pour déferler à pleine puissance (catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson qui en compte 5). Elle a tout dévasté sur son passage, éradiquant les très nombreux habitats précaires de l’île, alors même que les centres d’hébergement d’urgence sont restés quasiment vides. Les immigrés sans papiers vivant dans les bidonvilles n’ont pas cru à l’alerte rouge, puis violette lancée par les autorités, imaginant un piège pour les expulser. La barrière de la langue a certainement compliqué la diffusion de l’information et les refuges sous-équipés n’ont pas attiré la population qui a souvent préféré rester chez elle pour éviter les pillages. Habitués à des phénomènes météorologiques moins intenses, les Mahorais n’ont pas pris la mesure de la situation. De l’avis de tous, il sera très difficile d’obtenir le bilan exact du nombre de victimes, mais il pourrait s’élever à plusieurs dizaines de milliers de morts, sachant qu’avant la catastrophe, 100 000 personnes vivaient dans un habitat précaire.
Appel aux dons
Alors que toutes les infrastructures de l’île ont été endommagées, l’aide d’urgence s’est mise en place. Le 23 décembre, le gouvernement annonçait avoir envoyé sur place plus de 800 sapeurs-pompiers, 300 gendarmes et policiers, 130 militaires et 100 soignants en appui des professionnels sur place, dont beaucoup ont tout perdu. Dans ce contexte de très grande fragilité sanitaire, le syndicat des pharmaciens de La Réunion et de Mayotte (FSPF), rejoint par l’Uspo, l’URPS pharmaciens de La Réunion et le conseil départemental de l’Ordre des pharmaciens (CDOM) ont ouvert une cagnotte Leetchi « pour aider la population et les confrères sur place » : bit.ly/3ZP8duL. Les dons recueillis seront versés à Pharmacie humanitaire internationale (PHI), qui œuvre en faveur de l’accès aux soins et aux médicaments pour les plus démunis en France et dans les pays en développement. L’association dispose d’une antenne mahoraise et compte en ouvrir une seconde.
Accompagner les pharmacies
Par ailleurs, la FSPF accompagne les pharmacies sinistrées de Mayotte dans leurs démarches et liste les aides dont elles peuvent bénéficier. Ainsi, celles qui ont été contraintes de fermer peuvent demander une aide exceptionnelle à la CAVP. Contact : Julien Hurst, adjoint à la responsable du département cotisants, au 01 82 82 12 65 ou à cavp@cavp.fr
Elles peuvent également faire appel à la commission d’entraide et de solidarité de l’Ordre national des pharmaciens, qui a pour mission de porter assistance aux confrères dans des situations critiques telles que les catastrophes naturelles. Contact : cesp@ordre.pharmacien.fr.
Aide exceptionnelle
Ces officines sont aussi invitées à appeler le service d’écoute de l’association Aide et Dispositif d’orientation des pharmaciens (Adop) au numéro vert : 0800 73 69 59. Enfin, les partenaires sociaux de la branche professionnelle de la pharmacie d’officine mobilisent le fonds de Haut Degré de solidarité (HDS) géré par l’Apgis. Celui-ci versera une aide exceptionnelle de 2 000 euros à chaque salarié des officines de Mayotte qui en fera la demande, et ce, quel que soit l’assureur prévoyance et santé de l’officine dans laquelle il travaille. Formulaire en ligne à remplir sur https://apgis.com/SalariePharmacieOfficine.