À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, le ministère de la Santé a annoncé de nouvelles mesures de restriction. Ainsi, à compter du 1er juillet 2025, l’interdiction de fumer sera étendue aux plages, parcs et jardins, abribus, abords des établissements scolaires ou accueillant des mineurs, bibliothèques et installations sportives.
De plus, des textes réglementaires, dont l’entrée en vigueur n’interviendra pas avant le deuxième semestre 2026, viseront à réduire le taux de nicotine autorisé dans les produits du tabac et du vapotage et à prohiber les arômes « les plus exotiques » utilisés dans les e-liquides. L’objectif : « Que les enfants qui naissent aujourd’hui soient les premiers à grandir dans une génération sans tabac. »
Pharmacien prescripteur
Selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), la baisse des ventes de tabac s’est poursuivie en 2024, tandis que celles des substituts nicotiniques ont atteint 9 092 825 équivalents mois de traitement, soit + 10,4 % en un an : les formes orales progressent de 8,4 % et les patchs de 9,7 %. Depuis 2019, les volumes vendus en pharmacie ont grimpé de 58 %. Une hausse qui aurait pu être bien plus forte si les pharmaciens, impliqués dans le sevrage tabagique depuis toujours, étaient prescripteurs de substituts nicotiniques, au même titre que la plupart des professions de santé depuis 2016. En attendant, l’expérimentation de substituts remboursés sans ordonnance dans les officines de trois régions doit commencer avant la fin de l’année.
Retour de Champix
La tendance à la baisse pourrait également trouver un nouveau souffle grâce à la recherche. Tout d’abord, en raison du retour annoncé de Champix (varénicline) sur le marché français à la mi-juin, après quatre ans d’absence (voir Le Pharmacien de France, n° 1367), qui a fait l’objet d’une nouvelle formulation. Et de résultats favorables à son utilisation, non seulement dans l’arrêt du tabac mais aussi dans celui du vapotage chez les 16-25 ans (Jama du 23 avril 2025). Or, l’usage de la cigarette électronique a quasiment doublé depuis 2014 et ne concerne plus uniquement des fumeurs en sevrage, mais aussi des jeunes attirés par le vapotage.
Nouveau médicament
En outre, un nouveau traitement contre le tabagisme pourrait bientôt voir le jour, alors qu’aucun médicament n’a été lancé dans cette indication depuis 2006. La cytisine ou cytisinicline, un agoniste partiel des récepteurs de la nicotine, comme la varénicline, diminue l’effet plaisir de la nicotine et limite les symptômes de manque. Il s’agirait du plus ancien traitement du tabagisme d’après une publication du BMJ en 2013, qui rappelle que la molécule a été isolée en 1865, utilisée comme substitut pendant la Seconde Guerre mondiale, devenue médicament en 1964 et commercialisée depuis en Europe de l’Est. Son efficacité serait équivalente à la varénicline et supérieure au bupropion (Zyban) et aux substituts nicotiniques. Pour les auteurs de l’étude de phase 3 publiée dans le Jama Internal Medicine du 21 avril dernier, la cytisine pourrait être utilisée pour l’arrêt du tabac comme de la cigarette électronique.
