Le Tour de France de la convention vient de s’achever. À chacune des étapes, nous avons pu apprécier les avancées apportées par ce nouveau contrat avec l’Assurance maladie pour notre profession. Notre métier est plus que jamais reconnu. Autre preuve, s’il en fallait, le projet de loi porté par la députée Stéphanie Rist. Il prévoit en effet d’étoffer encore un peu plus notre rôle, notamment en nous donnant la possibilité de renouveler les traitements chroniques pour trois mois supplémentaires. Malgré cela, nous sommes en colère. Pas contre la réforme des retraites qui nous est plutôt favorable, mais contre les nouvelles baisses de prix envisagées sur les médicaments dits « matures ». Ces baisses vont représenter plus de 67 millions d’euros en 2023 ! Trop, c’est trop, et il est urgent de trouver d’autres solutions pour financer l’innovation dans notre pays. Les prochaines négociations avec l’Assurance maladie ne démarreront que dans quelques mois. Mais il convient de s’y préparer dès maintenant. Leur objectif est de faire le point sur la situation économique du réseau après deux années de crise sanitaire qui ont bouleversé notre quotidien et les paramètres de notre activité. Il s’agit d’aboutir à un accord qui se concrétisera par un avenant dont la signature est attendue pour la fin de l’année au plus tard.
« Certains actes liés à la dispensation sont aujourd’hui sous-payés. »
Cet avenant doit nous donner les moyens de poursuivre nos missions tout en revalorisant notre mission première, la dispensation des médicaments, alors que les premiers chiffres de l’année sont catastrophiques. Notre marge a en effet reculé de 48 % entre janvier 2022 et janvier 2023 ! Certes, la convention signée en mars étend les honoraires spécifiques aux grands conditionnements (HG) à l’ensemble des présentations trimestrielles, à l’exception des contraceptifs oraux. Mais compte tenu de la situation économique alarmante, il nous faut aller plus loin en envisageant, pourquoi pas, de revoir à la hausse certains honoraires. L’Assurance maladie a bien accepté de porter le tarif de la vaccination de 6,30 euros à 7,50 euros. Elle doit désormais entendre que certains actes liés à la dispensation sont aujourd’hui sous-payés, dans un contexte d’inflation galopante. Les discussions à venir seront donc l’occasion d’envisager de nouvelles revalorisations. Mais aussi d’autres rémunérations. À la FSPF, nous proposons la création de nouveaux honoraires en contrepartie du renouvellement des prescriptions périmées de patients chroniques introduit par le projet de loi Rist, pour indemniser les dispensations protocolisées et les interventions pharmaceutiques (IP) qui, avec l’arrivée des ordonnances numériques, pourront être formalisées. Une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) réalisée en 2011 estime que les IP représentent tout de même de 1 à 2 % des quelque 600 millions d’ordonnances délivrées chaque année.
L’un des enjeux des négociations sera également, pour nous, de trouver des solutions afin d’aider les officines confrontées à la désertification médicale. Le décret relatif aux territoires fragiles que nous attendons depuis longtemps est en voie de finalisation. Il va permettre de définir les zones dans lesquelles les confrères pourront bénéficier d’un assouplissement des règles concernant les transferts et les regroupements et prétendre à des aides conventionnelles qu’il nous appartiendra de déterminer avec l’Assurance maladie. On le voit, au travers de ce futur avenant, c’est l’avenir de notre réseau qui est en jeu.