N°1368
Mars 2025

Arrêter un traitement juste avant la grossesse suffit : info ou intox ?

Médicaments et grossesse ne font pas bon ménage. Mais suffit-il toujours d’arrêter un traitement juste avant de tomber enceinte ?

© adobestock_anastasiya-styagaylo
par Hélène Bry
Le 15 mars 2021

Partant du constat qu’en moyenne, neuf médicaments sont prescrits au cours de la grossesse en France quand la plupart de nos voisins européens culminent à deux ou trois, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a entamé une vaste campagne d’information des professionnels de santé en mars, puis du grand public en avril, sur les risques des médicaments pendant la grossesse.

Des demi-vies parfois longues

Parmi les messages que veut faire passer l’agence, le fait que l’automédication, pourtant pratiquée par 36 % des femmes enceintes, est à proscrire. Car des médicaments aussi courants que les AINS (comme l’ibuprofène) « peuvent entraîner une fermeture prématurée du canal artériel et une hypertension artérielle pulmonaire ainsi que la mort in utero, même en toute fin de grossesse et même après une seule prise », explique Céline Mounier, directrice de la surveillance à l’ANSM. Et si on arrête un médicament avant d’être enceinte ? « Dans la plupart des cas, les médicaments vont être éliminés dans les heures ou les jours qui suivent l’arrêt, mais parfois les demi-vies sont plus longues. » Exemples : l’isotrétinoïne (contre-indication absolue, risque très élevé de malformations graves) qui nécessite de poursuivre la contraception un mois après l’arrêt du traitement pour concevoir ; ou le fingolimod utilisé chez les patients atteints de sclérose en plaques, éliminé de l’organisme 2 mois environ après l’arrêt du traitement (risque de cardiopathies sévères congénitales, anomalies rénales et musculo-squelettiques). Et pas besoin qu’il s’agisse de pathologies lourdes pour que le risque soit là : l’acitrétine, un rétinoïde utilisé contre les formes sévères du psoriasis, « possède un temps d’élimination tellement long qu’il nécessite une contraception 3 ans après l’arrêt du traitement, en raison de risques d’anomalies multiples : système nerveux, système cardio-vasculaires, glandes endocrines… » Prudence absolue donc !

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