N°1376
Janvier 2026

Des microplastiques dans le chewing-gum : info ou intox ?

Mâcher des gommes aromatisées peut-il libérer des microplastiques qui sont ensuite ingérés ?

Une agréable sensation de fraîcheur, mais pas que…
© adobestock_Squaredot_art
par Benoît Thelliez
Le 16 janvier 2026

Un plaisir régressif pour certains, une manière de canaliser son stress pour d’autres. Si l’on peut trouver quelques vertus à la mastication d’un chewing-gum, une étude de l’université de Californie présentée en mars 2025 révèle que cette pratique pourrait avoir des conséquences plus délétères qu’on ne le croit pour notre santé.

Naturel ou pas : même combat

L’expérience, qui a consisté à faire mâcher différentes marques de chewing-gums à une volontaire et à analyser sa salive à intervalles réguliers, montre une libération de microplastiques évaluée en moyenne à 100 particules par gramme de gomme et pouvant monter à 600 particules pour certains produits. Sachant que cette friandise pèse entre 2 à 6 grammes, jusqu’à 6 000 particules de microplastiques peuvent être ingérées avec un seul chewing-gum. Étonnamment, les marques qui sont formulées avec un ingrédient naturel comme le chiclé ou la sève d’un autre arbre ne se distinguent pas positivement de celles qui utilisent des bases en caoutchouc synthétique dérivé du pétrole. Toutes libèrent des polymères, dont les plus abondants sont les polyoléfines, une famille qui intègre notamment le polyéthylène et le polypropylène. Un constat qui pourrait expliquer le niveau de contamination identique des gommes naturelles et de celles issues de la pétrochimie : les polyoléfines sont en effet abondamment utilisées à diverses étapes des processus de fabrication et d’emballage au sein de l’industrie agroalimentaire.

Principe de précaution

Cette étude n’a pas encore été publiée dans une revue scientifique de référence et demeure donc soumise à relecture, mais ses résultats n’étonnent guère. Pour autant, les auteurs précisent que les taux de microplastiques retrouvés dans la salive sont nettement inférieurs à ceux précédemment quantifiés dans une bouteille d’eau en plastique, bien que les instruments employés n’aient permis de mesurer que les particules de plus de 20 microns. Les effets sur la santé des microplastiques restent, pour l’heure, incertains, mais rien n’interdit d’opter pour la prudence.

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