N°1368
Mars 2025

La Covid-19 a une odeur : info ou intox ?

On savait les chiens capables de flairer la Covid-19. Mais a-t-elle une odeur spécifique ?

Quatre marqueurs olfactifs signeraient la Covid-19.
© adobeStock_suchat
par Hélène Bry
Le 15 juin 2021

Patron de la réanimation de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, le Pr Djillali Annane est aussi doyen de l’UFR Simone Veil-Santé de l’Université de Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ). Il y coordonne le travail d’une équipe qui vient de la signature olfactive de la Covid-19. « On a réussi à mettre en évidence des molécules présentes dans l’air expiré des patients, très spécifiques de l’atteinte de la Covid-19 », résume le Pr Annane. Une odeur, au sens de senteur, qu’aurait le SARS-CoV-2 ? Non, et la nuance est importante. « Cette signature n’est pas l’odeur du virus lui-même, ce sont les composés organiques volatils libérés par l’organisme des malades en réponse à l’infection », explique le Pr Stanislas Grassin Delyle (UVSQ et hôpital Foch) qui mène ces recherches. L’équipe, en collaboration avec des chercheurs du CEA, a identifié quatre biomarqueurs qui, présents à une certaine concentration dans l’air expiré (l’un des quatre n’est même retrouvé que chez les Covid +), trahissent le virus. « On a constitué deux groupes : un qui était en réanimation dans le service du Pr Annane à cause de la Covid-19, et un groupe contrôle, en réa aussi, mais négatif à la Covid. » L’air prélevé sur les respirateurs a été analysé par spectrométrie de masse (une balance ultraprécise qui pèse les virus et permet de caractériser leur structure chimique). « Grâce à quatre marqueurs, on a pu faire la différence avec une précision de l’ordre de 93 % entre les Covid-19 et les non-Covid-19 », note le Pr Grassin Delyle, qui travaille désormais sur l’air expiré par les malades moins sévères.

Des nez électroniques en officine !

« En laboratoire, on utilise du matériel de haute technologie, mais si on confirme ces signatures, on pourra certainement migrer vers des technologies démocratisables. Des nez électroniques disponibles en  officine sous la forme de petits boîtiers munis de capteurs dont on changerait l’embout entre chaque patient. » Un test non invasif au résultat instantané. « On peut imaginer ce nez électronique à l’entrée des transports, des cinémas, des théâtres, des salles de sport… », anticipe déjà le Pr Annane.

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