N°1368
Mars 2025

La stéatose hépatique se limite au foie : info ou intox ?

La « maladie du foie gras » abîme cet organe. Mais seulement lui ?…

Quelque 80 % des obésités morbides conduisent à une stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD).
© canva-getty images
par Hélène Bry
Le 11 mars 2023

À part une surdose de sucre, on pensait ne pas avoir grand-chose à craindre de grave de l’homéopathie. Alors comment expliquer le cas d’un Allemand de 53 ans, sans antécédents médicaux ni traitement médicamenteux régulier – à part des prises d’homéopathie –, arrivé aux urgences de l’hôpital de Munich avec un syndrome anticholinergique incluant confusion, anxiété, ataraxie, perte de contrôle de ses mouvements et de sa parole ? Les médecins, qui ont publié sur son cas dans Clinical Toxicology en février 2021, ont diagnostiqué un syndrome atropinique après avoir appris du patient qu’il avait ingéré une solution homéopathique contenant de l’extrait d’Atropa belladonna prétendument en dilution D4, c’est-à-dire diluée 10 000 fois. A priori pas de quoi le rendre malade. Mais après recherche quantitative du sulfate d’atropine dans les solutions homéopathiques ingérées par le patient et dans son sérum, il s’est avéré que la molécule qui aurait dû être indétectable après une telle dilution était bel et bien présente, et pas qu’un peu.

Erreur de production

« L’analyse a révélé des concentrations d’environ 3 mg/ml de sulfate d’atropine dans la solution homéopathique et un taux sérique de 5,7 ng/ml dans le sang du patient prouvant un surdosage d’atropine de 600 fois dû à une erreur de production de la dilution homéopathique », écrivent les auteurs de l’article. Une vraie surdose donc pour un patient qui a heureusement récupéré après une période d’observation. « Des erreurs de fabrication rares mais potentiellement dangereuses doivent être envisagées face à des symptômes survenant après l’ingestion de remèdes homéopathiques ou holistiques », résument-ils sobrement. La FDA avait déjà émis, en 2017, une alerte sur un traitement homéopathique à base de belladone censé soulager la poussée dentaire infantile. L’agence américaine avait découvert que la teneur en alcaloïdes de la belladone n’était pas uniforme dans les différents produits. Dans certains, les niveaux d’atropine et de scopolamine dépassaient de loin la quantité indiquée sur les étiquettes. Tout sauf anodin, surtout pour des produits pédiatriques !

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