N°1379
Avril 2026

Les aGLP-1 perturbent les TEP scans

La prise d’aGLP-1 par un patient peut-il fausser son TEP scan ?

L’absorption excessive d’un traceur serait en cause.
© adobestock_DARIKA
par Hélène Bry
Le 04 décembre 2025

De plus en plus prescrits pour traiter le diabète de type 2 et l’obésité, les agonistes du GLP-1 (aGLP-1) atteignent une utilisation record, en particulier aux États-Unis où la hausse enregistrée entre 2019 et 2023 est de 700 %. Or, ces médicaments, parce qu’ils modifient le métabolisme du glucose, la motilité gastrique et le tonus sympathique, peuvent faire apparaître des anomalies sur les tomographies par émission de positons (TEP scans) réalisées avec le traceur fluorodésoxyglucose (FDG).

Des cas de plus en plus fréquents

Un effet récurrent dont des radiologues anglais se sont fait l’écho le 8 octobre 2025, lors du 38e congrès de l’Association européenne de médecine nucléaire, à Barcelone. À l’aide d’une revue rétrospective de cas de patients sous aGLP-1 ayant passé un TEP scan en vue d’un bilan oncologique, des spécialistes du groupe privé d’imagerie Alliance Medical ont observé plusieurs profils atypiques de fixation du traceur pouvant conduire, en l’absence d’analyse de l’historique médical, à une interprétation erronée en faveur d’une pathologie. « Notre avons constaté que ces schémas modifiés sont de plus en plus courants et qu’il n’existe actuellement aucune recommandation nationale ou internationale sur ce problème émergent », explique Peter Strouhal, directeur médical du groupe et auteur principal de l’étude. Or, ces mauvaises interprétations de l’imagerie peuvent conduire à des examens superflus, une description de l’étendue du cancer inexacte ou des retards de traitement.

Examens et stress inutiles

« Reconnaître l’absorption caractéristique associée aux aGLP-1 permet d’éviter toute anxiété et intervention inutile et garantit que les patients reçoivent les soins appropriés au bon moment », ajoute le directeur médical. Dans l’attente de recommandations officielles, les chercheurs ne conseillent ni de modifier la préparation des patients, ni d’arrêter les aGLP-1 avant l’examen, mais enjoignent les équipes d’imagerie médicale à documenter avec soin les traitements du patient afin d’éclairer l’interprétation des résultats. À noter : en Australie, la recommandation est de réaliser le TEP scan le matin, après un jeûne débuté à minuit.

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