N°1378
Mars 2026

On peut mourir de peur

Cette expression métaphorique ne cache-t-elle pas une réalité plus macabre ?

© adobestock_ DailyLens_Studio
par Benoît Thelliez
Le 06 mars 2026

Un grand cri d’effroi, puis un corps qui s’effondre, sans vie. Le cinéma, surtout dans sa catégorie horrifique, n’est pas avare de ce genre de scènes. Fort heureusement, la réalité est tout autre et une bonne grosse peur n’a, en réalité, jamais tué personne. Oui, mais non. Il existe en effet des cas répertoriés de personnes qui ont bel et bien succombé à ce pic de stress. Car, conséquence de la peur, c’est alors le stress intense le vrai coupable.

Arythmies fatales

Réaction neurophysiologique, la peur est activée au niveau cérébral par l’amygdale. Celle-ci envoie un signal au système nerveux qui déclenche la libération dans le sang de catécholamines telles que l’adrénaline, la noradrénaline ou encore la dopamine. En quelques secondes, le rythme cardiaque s’accélère, la pression artérielle augmente et la glycémie s’élève. Un état qui, dans l’immense majorité des cas, s’estompe naturellement une fois la frayeur passée. Mais dans certaines situations et pour certains individus porteurs de pathologies avérées ou sous-jacentes, notamment cardiovasculaires, le système s’emballe et ne parvient pas à recouvrer son équilibre. Le cœur est alors victime d’une instabilité électrique provoquant des arythmies potentiellement mortelles.

Piège à poulpe

Une autre manifestation pouvant faire suite à un stress majeur a été décrite par des médecins japonais à la fin des années 1970 : le syndrome de takotsubo. Dans ces cas, l’un des ventricules cardiaques se contracte fortement et prend la forme d’une amphore bilobée, éponyme du syndrome en question et utilisée au Japon pour piéger les poulpes. Cette cardiomyopathie, entièrement réversible si la personne survit à la phase aiguë, est le plus souvent déclenchée par une émotion forte et négative, comme une terreur ou un traumatisme. Pour autant, elle a également été diagnostiquée après des joies extatiques, notamment lors d’événements sportifs.

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