N°1368
Mars 2025

Pas d’allaitement après un cancer du sein : info ou intox ?

Le fait d’avoir eu un cancer du sein contre-indique-t-il l’allaitement ?

Du nouveau à l’Esmo sur la question de l’allaitement.
© adobestock_africa_studio
par Hélène Bry
Le 13 décembre 2024

De récentes études ont rassuré sur le fait que ni la grossesse ni les traitements de PMA ne sont associés à un risque accru de récidive ou de nouveau cancer du sein, y compris chez les porteuses d’une mutation des gènes BRCA. En revanche, on ne disposait que de très peu de données sur la sécurité de l’allaitement après un cancer. Le congrès Esmo 2024 a changé la donne avec deux études concluant qu’il n’y aurait pas de raison de renoncer à allaiter par crainte pour sa sécurité oncologique.
La première concerne les cancers hormono­sensibles. L’étude Positive avait déjà ­montré que des femmes atteintes d’un cancer du sein précoce à récepteurs hormonaux positifs et ayant suivi un traitement hormonal pendant au moins 18 mois pouvait interrompre en toute sécurité celui-ci jusqu’à 2 ans pour procréer, sans ­augmentation du risque de récidive cancérologique à court terme. Les conclusions de l’analyse secondaire de cette étude internationale prospective ayant évalué l’incidence de l’allaitement sur la maladie sont également rassurantes : « Près des deux-tiers des femmes ayant accouché ont allaité, dont plus de 50 % pendant 4 mois. Aucun impact sur les événements liés au cancer du sein n’a été observé, bien qu’un suivi plus long soit justifié. Ces résultats sont essentiels pour les femmes qui souhaitent poursuivre une grossesse et allaiter après un cancer du sein. »

Premières preuves de sécurité

La seconde étude concerne des femmes avec mutation BRCA. Elle montre que 23 % des patientes (affectées d’un cancer invasif de stade I-III sans mastectomie bilatérale) ayant accouché ont allaité pendant une durée médiane de 5 mois, sans effet sur la récidive locorégionale ou la survenue d’un second cancer primaire au cours de cette étude rétrospective à long suivi (7 ans). Celle-ci « fournit les premières preuves de la sécurité de l’allaitement après un cancer du sein chez les jeunes femmes porteuses d’une mutation des gènes BRCA », a déclaré la professeure Eva Blondeaux, oncologue à Gênes (Italie). Sa consœur Maria Alice Franzoi de Gustave Roussy (AP-HP) a ajouté, lors de l’analyse des résultats en session : « Ces deux études nous fournissent plus de données qui vont nous permettre de guider nos discussions sur l’allaitement après un cancer du sein et prendre une décision partagée. »

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