C’est évidemment sur les réseaux sociaux que les supposées conclusions d’une étude réalisée au sein de l’armée américaine font grand bruit. Elle évaluerait à + 36 % l’augmentation du risque d’être infecté par le coronavirus si l’on est vacciné contre la grippe.
Des conclusions à bien comprendre
L’étude existe bien : publiée en janvier 2020, elle scrute les liens entre statut vaccinal antigrippal et fréquence des maladies respiratoires. Les chercheurs ont prélevé plus de 9 500 échantillons chez des militaires et leurs familles pour mettre en évidence les virus dont cette population était porteuse. Ils ont ensuite analysé ces données pour savoir qui des personnes vaccinées ou non avait contracté le plus de maladies respiratoires. Dans ses conclusions, l’étude indique notamment que « 7,8 % des personnes vaccinées contre la grippe ont contracté une infection à coronavirus durant la saison hivernale 2017-2018, contre 5,8 % des personnes n’ayant pas été vaccinées ».
Une interprétation fallacieuse
Un premier point peut être relevé : le SARS-CoV-2 n’était pas encore apparu au moment où l’étude a été réalisée… Impossible donc que cette dernière puisse donner des informations sur les interactions entre le vaccin contre la grippe et ce nouveau virus. S’il est bien question de coronavirus dans les résultats de cette étude, il s’agit d’autres membres de cette large famille, en l’occurrence quatre types de coronavirus saisonniers bien connus des épidémiologistes et qui provoquent des rhumes. Deuxième hic : la différence entre les deux chiffres cités n’est pas statistiquement significative, une notion qui échappe bien souvent au grand public peu friand de calculs mathématiques. En clair, les résultats de cette étude ne collent pas avec l’affirmation alarmiste partagée en ligne, n’en déplaise aux complotistes.