N°1368
Mars 2025

Un équilibre fragile

par Philippe Besset
Le 11 juillet 2022
Philippe Besset

Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France

La présentation des résultats de l’observatoire de la rémunération de l’officine est toujours un moment attendu. C’est un rendez-vous annuel censé fixer les bases de nos futures négociations conventionnelles. Or, une fois encore, nous ne partageons pas les conclusions tirées par l’Assurance maladie. Certes l’activité de l’officine a fortement progressé en 2021 et sur le premier trimestre de cette année sous l’effet de la Covid, nous le constatons tous les jours au comptoir. Mais la hausse de nos revenus liés strictement à la dispensation des médicaments, qui est le cœur de notre métier, permet à peine de juguler l’inflation. Dans le même temps, nous avons dû renforcer nos équipes pour pouvoir assurer les missions demandées par les pouvoirs publics afin de lutter contre la crise sanitaire. Et encore, lorsque cela était possible. Car pour beaucoup d’entre nous, malheureusement, trouver des collaborateurs devient un véritable casse-tête. Alors oui, la rémunération de l’officine a augmenté. Mais à quel prix !
Le prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2023 est en train d’être ébauché et le gouvernement doit bien garder à l’esprit que le modèle économique de la pharmacie française est un équilibre fragile. L’embellie de ces derniers mois ne doit pas faire oublier que la rémunération globale du réseau enregistrée juste avant la crise Covid, en 2019 et 2020, était redescendue en dessous de celle de 2016 !

« Le futur PLFSS doit aussi donner le véritable coup d’envoi de la e-prescription. »

 

Au-delà du maintien de l’économie officinale, le futur PLFSS doit aussi, enfin, donner le véritable coup d’envoi de la e-prescription. La prescription électronique des médicaments représente un outil précieux pour fluidifier et fiabiliser les échanges avec les médecins tout en favorisant la coordination des soins. C’est également un moyen de réduire les risques de falsification par la sécurisation des échanges entre les acteurs. Or aujourd’hui, force est de constater que les services hospitaliers ne jouent pas le jeu. Pourtant, la e-prescription est essentielle pour améliorer la prise en charge des patients sortant de l’hôpital et lutter contre la fraude. De trop nombreux services hospitaliers sont incapables de rédiger des ordonnances sécurisées, laissant les malades dans l’impossibilité de bénéficier de leurs traitements. PLFSS après PLFSS, le sujet est sans cesse repoussé. Il faut mettre un terme à cette situation inacceptable et faire en sorte que l’hôpital devienne un acteur majeur de la e-prescription.
Les enjeux de ce premier PLFSS porté par le nouveau ministre de la Santé François Braun sont nombreux. Vous pouvez compter sur la FSPF pour peser dans les discussions qui démarreront prochainement. Pour l’heure, je vous souhaite un très bel été à toutes et à tous.

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