N°1368
Mars 2025

Un juste prix de cession pour éviter la financiarisation

Interfimo révèle que les prix de vente des pharmacies n’ont pas assez baissé par rapport à la chute de la rentabilité.

©AdobeStock_wichayada
par Benoît Thelliez
Le 04 avril 2025

Interfimo, la société de cautionnement mutuel créée par et pour les professions libérales, a dévoilé mardi 1er avril son rapport annuel sur les prix de cession des pharmacies en 2024. En retrait de 10 % par rapport à 2023, le nombre d’opérations se monte à 1442 l’année précédente dans un marché de la transaction qui se resserre. Pour l’organisme financier, « la situation économique et politique, les taux d’intérêts élevés, et le manque d’attractivité de la profession », expliquent en grande partie cette diminution. Si le pourcentage du chiffre d’affaires hors taxe (CAHT) n’est plus un indicateur pertinent pour définir le prix de vente en raison du double phénomène des regroupements destinés à atteindre une taille critique et du développement des produits chers, celui en multiple de l’excédent brut d’exploitation (EBE) reconstitué trouve également ses limites. Notamment parce que les valorisations assises sur cet indicateur aboutissent à une augmentation des prix moyens pour les officines au-dessus de 1,2 million de CA (+0,8 point à 7,2 fois l’EBE), contrairement à celles en dessous de ce seuil qui enregistrent un mouvement inverse (-0,2 point à 5,1 fois l’EBE), élargissant la dispersion des prix en fonction du CA des pharmacies.

Le multiple de la marge comme indicateur privilégié

Pour les experts d’Interfimo, une constatation s’impose : « La baisse des prix de vente n’a pas été aussi forte que celle subie par les EBE, ce qui signifie que le marché n’a pas suffisamment intégré la baisse de la rentabilité dans les prix de cession. » De fait, des apports de plus en plus importants sont nécessaires pour compenser cet écart, offrant un appel d’air aux acteurs non-pharmaciens qui tentent de pénétrer le secteur. C’est ce que craint clairement le président de la FSPF qui, dans son Live hebdomadaire, estime que « le juste prix de cession est la clé pour éviter la financiarisation ». Pour coller au plus près à la réalité de la rentabilité des officines, et ce quelles que soient leurs typologies, Interfimo recommande d’utiliser le prix de vente en multiple de la marge. Avec cet indicateur, la baisse des prix de vente moyens est en outre moins marquée. Ainsi, pour les officines de plus de 1,2 million de CA, la moyenne des prix de cession est de 2,66 fois la marge contre 2,75 en 2023. Pour celles de moins de 1,2 million de CA, le prix de cession moyen passe de 1,87 fois la marge en 2023 à 1,78 fois en 2024.

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