Les interventions pharmaceutiques constituent le quotidien de l’officine mais elles demeurent presque invisibles aux yeux des patients et des autorités de santé, faute de recensement. C’est après avoir dressé ce constat et en pointé son incongruité que l’URPS Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) a décidé de proposer aux officinaux volontaires de participer à une nouvelle édition de l’opération ACT-IP. Celle-ci a pour objectif d’enrichir une base de données permettant de qualifier une vingtaine d’IP par officine. Concrètement, le recueil et le traitement des interventions permettra en premier lieu d’obtenir des informations spécifiques à chaque équipe pour leur permettre d’améliorer leurs pratiques professionnelles en identifiant les problèmes et en analysant les interventions. En parallèle, cela alimentera une base de données collective pour évaluer qualitativement et quantitativement les IP concernées. L’ACT-IP contribue donc au bon usage du médicament et permet, ensuite, de faciliter les échanges pluri-professionnels. Comme l’explique le site de l’URPS Paca, « les pharmaciens hospitaliers ont depuis longtemps fait reconnaître l’importance de leurs interventions pharmaceutiques grâce à un outil de codification et de recueil de ces dernières. Aujourd’hui, grâce à la Société Française de Pharmacie Clinique (SFPC) et à nos collègues de l’URPS Grand Est, cet outil est désormais adapté pour les pharmacies d’officine. »
Un résultat intéressant
En septembre 2024, l’URPS Paca avait déjà lancé une telle campagne dans le cadre de la Semaine de la sécurité du patient. Des 900 IP notifiées ont été tirés de précieux enseignements : « Alors que nous pensions que le problème majeur qui allait ressortir serait celui des ruptures, il s’avère que celui des adaptations de posologie a également été massif, avec respectivement 220 et 214 cas concernés », explique Félicia Ferrera, présidente de l’URPS Pharmaciens PACA et vice-présidente Officine de la SFPC. Par ordre de fréquence, les « problèmes de conformité de prescription » ont également été fréquemment signalés (58 cas), sachant qu’un « manque de clarté de l’ordonnance », était alors le plus souvent décrit.
Modalités pratiques
Dès à présent, les officines de la région Paca volontaires peuvent se faire connaître en adressant un mail à pharmacienspaca@urps-pharmaciens-paca.fr. Toutes les informations pratiques sont d’ores et déjà disponibles sur le site de l’URPS. En utilisant la fiche papier de recueil teléchargeable, les équipes pourront prendre en compte les IP « à la volée » en attendant de recevoir les post-it spécialement conçus par l’équipe pour faciliter ce travail au comptoir : on coche les items concernés sur ces petits documents préremplis avant de les coller sur l’ordonnance. Cela permet de saisir après coup les IP dans la base. Une fois vingt interventions collectées, chaque officine pourra télécharger sa synthèse sur la plateforme Act-IP, ce document étant à communiquer à l’URPS.
A noter que les officines participantes recevront une prime de 260 euros en reconnaissance du temps consacré à cette pratique.