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La perméthrine, pas pour les chats

Peut-on donner à un chat un antiparasitaire destiné aux chiens ?

Par Christophe Micas

© ADOBESTOCK_VOREN1

De nombreux propriétaires traitent avec le même produit antiparasitaire leurs animaux domestiques. Pour eux, il n’y a pas de différence entre la puce du chien et celle du chat. Certes, mais il y en a entre les canidés et les félidés. Sans parler de taille ou de poids, ces deux espèces ne possèdent en effet pas le même métabolisme. Contrairement au chien, le chat ne dispose pas de l’enzyme glucuronosyltransférase. C’est ce qui explique sa sensibilité au paracétamol. Mais pas seulement, car l’absence de production de cette enzyme le rendrait également vulnérable à la perméthrine, un insecticide chimique de la famille des pyréthrinoïdes. Or la perméthrine entre dans la composition de nombreux antiparasitaires externes sous forme de pipettes, d’aérosol, de shampoing ou de collier. L’insecticide est également présent dans des solutions auriculaires, mais à faible dose, ce qui rend son administration possible chez le chat pour soigner des otites externes. Et le félin, si agile soit-il, ne risque pas de se lécher l’intérieur de l’oreille…

Précautions de rigueur

Quoi qu’il en soit, pour éviter que les chats ne soient exposés accidentellement au produit dans les foyers où plusieurs ­animaux cohabitent, il convient de tenir les chiens traités à l’écart des chats jusqu’à ce que le site d’application du traitement antiparasitaire sur le chien soit sec et de s’assurer que les chats ne puissent pas lécher le site d’application d’un chien traité, rappelait encore en mai dernier l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). En cas d’exposition accidentelle, pas de panique : il faut laver immédiatement le chat avec de l’eau tiède et du savon ou du liquide vaisselle et demander rapidement conseil à un vétérinaire. Toutefois, l’administration de perméthrine peut se révéler fatale pour l’animal. Malgré des alertes régulières, l’Anses a ainsi enregistré l’année dernière pas moins de 122 déclarations d’effets indésirables chez des chats après administration de traitements à base de perméthrine : 54 cas ont été jugés graves et 6 chats sont morts. Alors ce qui est bon pour le chien, ne l’est pas obligatoirement pour le chat. 

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