N°1379
Avril 2026

Les raisons de la colère

Bien décidés à ne pas accepter l’abaissement drastique du plafond de leurs remises sur les génériques et l’établissement de celui sur les hybrides et biosimilaires à un niveau trop bas, les pharmaciens contre-attaquent.

© adobestock_Fast High Definition
par Benoît Thelliez
Le 27 juin 2025

Le 20 juin dernier, les officinaux accusaient le coup après l’annonce ministérielle envisageant une baisse des remises sur les génériques de moitié (20 ou 25 % contre 40 % actuellement), d’un alignement des remises sur les hybrides sur ce nouveau taux et d’une fixation de celles sur les biosimilaires à 15 %. Perçue comme une véritable trahison par les représentants de la profession qui bataillent sans répit pour préserver la viabilité économique de milliers de pharmacies, le maillage officinal et son corollaire, l’accès équitable aux soins, l’issue de cette première concertation a mis le feu aux poudres. D’autant que le dépassement envisagé de l’Ondam au-delà de son seuil d’alerte ayant servi de justificatif à cet énorme coup de rabot est, en très grande partie, lié à l’augmentation considérable des indemnités journalières versées en cas d’arrêt de travail et à l’envolée des dépenses hospitalières.

Riposte

Aussitôt mobilisés, les syndicats représentatifs ont appelé à manifester le 1er juillet prochain. Tous les pharmaciens qui en ont la possibilité sont ainsi fortement invités à participer au grand rassemblement qui se tiendra à Paris, devant les Invalides. Aux côtés des autres professions de santé dont les revalorisations ont été gelées, les officinaux comptent bien faire entendre leur mécontentement, notamment aux députés qui sont invités à venir échanger au sein de ce « village des professionnels de santé trahis ». Une délégation devrait ensuite être reçue par la ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, Catherine Vautrin. Parallèlement, le conseil d’administration de la FSPF a décidé, le 25 juin, d’appeler à une grève des gardes à compter de la même date et jusqu’à nouvel ordre. Mais ce n’est pas tout : « À défaut de résolution rapide du différend avec le ministère de la Santé, la Fédération envisagera l’arrêt du tiers payant sur les dépenses pharmaceutiques. Elle demandera aux pharmaciens leur démission collective des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). » Enfin, et si d’aventure le décret venait à fixer des plafonds de remises trop bas, elle suspendra la substitution des médicaments biosimilaires.

Le réseau amputé d’un demi-milliard d’euros

Réunis une deuxième fois ce vendredi 27 juin, les syndicats de pharmaciens ont été entendus par les cabinets de Catherine Vautrin, Yannick Neuder (Santé et Accès aux soins), Amélie de Montchalin (Comptes publics) et Marc Ferracci (Industrie et Énergie) sans que ces derniers modifient pour autant leur premier chiffrage. La position de Philippe Besset, le président de la FSPF, n’a donc pas changé non plus. Il considère cette décision comme « totalement inacceptable et insultante, d’autant que le comité d’alerte sur le dépassement de l’Ondam évoque un trou de 100 millions d’euros et que les mesures qui tentent de nous être imposées vont faire perdre au réseau entre 500 et 600 millions d’euros par an ». Une sorte de braquage institutionnel qui ne passe absolument pas.

Partager ce contenu
À lire aussi
Attendu depuis maintenant deux ans, le remboursement des coupes et culottes menstruelles, pour un public jeune et pré...
Issue des négociations annuelles obligatoires de janvier dernier, la hausse du point salarial de 1,2 % s’applique à t...
L’Ordre des pharmaciens a reporté au 30 juin la déclaration des actions de formation réalisées dans le cadre du dével...
Bienvenue sur le nouveau site du Pharmacien de France !

Vous êtes déjà abonné ?
Connectez-vous pour mettre à jour vos identifiants :

 

Vous n’êtes pas encore abonné ?
Rejoignez-nous !