Elle a finalement eu lieu. La CPN programmée la veille de la grande mobilisation du 1er juillet dernier contre les mesures sur les baisses de marges annoncées par le gouvernement aurait en effet pu être boycottée par les syndicats représentatifs des pharmaciens. C’est en tout cas une question qu’ils se sont posée, ainsi que le révèle Philippe Besset, le président de la FSPF dans son Live hebdomadaire : « Avec l’Uspo, nous avons organisé une suspension de séance afin de nous concerter pour décider de poursuivre ou de claquer la porte. Nous avons finalement décidé de rester en mode combat. »
La Cnam entre deux feux
Interpelé dès l’ouverture des discussions par Philippe Besset concernant sa position vis-à-vis des mesures de baisse du pourcentage des remises sur les génériques et de fixation de celles sur les hybrides et les biosimilaires à taux faibles, le directeur général de l’Assurance maladie a plaidé être, autant que faire se peut, du côté des officinaux. Le président de la FSPF révèle ainsi que Thomas Fatôme a rappelé « qu’il n’avait pas la main sur ce dossier, mais qu’en tant que signataire du pacte conventionnel, il avait bien conscience que le montant des remises correspondait à une partie du maintien de l’équilibre économique des pharmacies et que cela avait un intérêt certain pour l’Assurance maladie ». Une position que l’on retrouve d’ailleurs dans le rapport « Charges et Produits » dans lequel, comme le rappelle Philippe Besset, « il n’est pas question de ces baisses sur les remises, mais bien de développer le marché des biosimilaires par le biais du mécanisme du tiers payant ». Pour autant, le directeur général de la Cnam a souligné qu’il était solidaire des pouvoirs publics bien que son intérêt soit divergent de celui qui prime à Bercy.
Donnant-donnant
Si la CPN a donc finalement pu dérouler son ordre du jour, le thème des indus qui y figurait n’a pas contribué à détendre l’atmosphère. Considérant qu’« il est indispensable que nous trouvions une méthode de travail qui permette que tout le monde soit bien au clair concernant les risques que nous prenons vis-à-vis de l’utilisation de la carte Vitale », le président de la FSPF en a également profité pour rappeler à Thomas Fatôme que « s’il voulait avoir les pharmaciens à ses côtés sur les sujets de sécurisation de la dispensation, de lutte contre la fraude ou de responsabilisation des patients, il était indispensable qu’on leur laisse les moyens de le faire ».
