N°1378
Mars 2026

Inacceptable !

Les nouveaux taux des plafonds de remise sur les génériques et les biosimilaires présentés par le gouvernement n’ont pas apaisé la colère des pharmaciens. Bien au contraire.

© adobestock_Rincon-studio
par Benoît Thelliez
Le 18 juillet 2025

Lorsque le ministère de la Santé a présenté, le 16 juillet dernier, aux représentants des pharmaciens le résultat de l’arbitrage décidé par Matignon, « nous avons vite compris qu’il n’avait pas été en sa faveur mais avait penché du côté de Bercy et des comptes publics », a ironisé le président de la FSPF lors de son Live hebdomadaire. Avec un plafond de remises désormais fixé à 30 % pour les génériques et à 15 % pour les biosimilaires, le compte n’y est toujours pas : « Nous leur avons immédiatement dit que cela était inacceptable et qu’il s’agissait là d’une déclaration de guerre. »

Une compensation insuffisante

La colère de la profession est à la hauteur des conséquences économiques sur le réseau. La perte de 250 millions d’euros engendrée par la baisse de 10 points du plafond des remises ne sera, quoi qu’en dise le gouvernement, pas atténuée par les remises sur les biosimilaires. Comme l’explique Philippe Besset, « avec un plafond à 15 % et sachant que l’on ne peut chiffrer que des extrapolations concernant les biosimilaires qui constituent un marché encore balbutiant, on voit bien que la compensation sur le manque à gagner de 250 millions d’euros est loin d’être suffisante. » Au total, la perte par officine peut monter jusqu’à 10 000 euros par an.

Une mesure injuste

L’argument brandi par le gouvernement pour rassurer les officinaux se résume à l’apport d’une manne hypothétique assurée par la vente d’un plus grand nombre de médicaments biosimilaires par les pharmaciens. Il va sans dire qu’il n’a pas convaincu les syndicats. Pour le président de la FSPF, il est par ailleurs totalement exclu d’effectuer ce travail de promotion des biosimilaires auprès des patients « en niant, de l’autre côté, celui qui a été fait avec les génériques ». Le postulat gouvernemental est d’autant plus irrecevable qu’il est « totalement injuste », argumente Philippe Besset. La mesure va en effet « frapper les officines les plus reculées, les plus éloignées des hôpitaux où sont prescrits ces médicaments. La délivrance des biosimilaires est très inégalement répartie sur le territoire et il en sera donc de même concernant la compensation qu’ils sont censés apporter. » Pour ces officines qui sont déjà fragilisées, « c’est le coup de grâce ». Cela est d’autant plus rageant que « nous essayons de soutenir et de mettre en place avec l’Assurance maladie des systèmes pour donner un nouvel élan à ces pharmacies en difficulté », constate amèrement le président de la FSPF.

Un calendrier brumeux

Concernant la chronologie réglementaire à venir, le flou persiste. « L’arrêté sur les remises qui se termine au 1er août sera remplacé par un nouvel arrêté, mais rien n’est certain quant à la date réelle d’application de ces nouveaux plafonds », résume Philippe Besset qui assure qu’il est « envisageable que le taux à 40 % perdure pendant le temps nécessaire à ce que les contrats entre les pharmaciens et les génériqueurs, de même qu’entre les premiers et les grossistes, soient modifiés. Nous aurons évidemment besoin d’un temps d’adaptation et si l’on parle, sans aucune certitude, du 1er octobre comme date d’application, la décision de la faire intervenir dès le 1er août n’est pas exclue, mais dans ce cas elle sera totalement inopérante. »

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