N°1379
Avril 2026

Et si on sortait la DAU des négociations conventionnelles ?

Toujours décriée par la profession, la dispensation à l’unité fait de nouveau l’objet d’échanges entre l’Assurance maladie et les syndicats, cette fois en raison de ses vertus écologiques.

© adobestock_Виктория Марьенко
par Mélanie Mazière
Le 26 janvier 2024

La troisième séance de travail entre syndicats et Assurance maladie sur le futur avenant conventionnel, mercredi dernier, a été consacrée aux enjeux écologiques. Sans surprise, la Cnam a, une fois encore, mis en avant son souhait de voir se développer la dispensation à l’unité (DAU) à l’officine, et pas seulement en cas de tensions d’approvisionnement. Mais pour Philippe Besset, la DAU ne devrait pas être abordée dans le cadre des enjeux écologiques puisque sa pratique suppose « une réédition de la notice et la mise en circulation d’un packaging en plus de celui qui existe déjà ». Il aimerait même la voir disparaître complètement de ces négociations.

Juste dispensation

D’autant que la FSPF ne manque pas d’idées pour impliquer le pharmacien dans le développement durable, ne serait-ce que par son intervention sur l’ordonnance. « On peut imaginer un partage de la valeur sur un dispositif réformé de dispensation adaptée. Il s’agit d’une juste dispensation tenant compte à la fois de l’ordonnance du médecin et des stocks présents chez le patient. » Autre proposition : permettre au pharmacien d’intervenir sur l’ordonnance de façon à la rapprocher de ce que prévoient l’autorisation de mise sur le marché (AMM) et les recommandations. « Cela demande du travail, en particulier pour les antibiotiques pour lesquels les recommandations ne sont pas les mêmes selon les affections traitées, mais nous sommes prêts à travailler le sujet. »

Défense du maillage

La FSPF a soumis deux autres pistes : instaurer une démarche écologique sur le même principe que la démarche qualité, avec un questionnaire et une série d’actions à mettre en œuvre à l’officine, et avec une Rosp à la clé ; travailler avec l’ANSM et/ou la Direction générale de la santé (DGS) pour modifier les circuits de distribution et réduire « les norias de camions qui livrent tous les jours ». Pour autant, Philippe Besset a tenu à rappeler à l’Assurance maladie que « le principal atout de l’officine » en termes d’empreinte carbone, « c’est le maillage territorial » qui permet d’éviter d’autres norias de camions estampillés Amazon. Un atout à défendre, alors que l’année 2023 a enregistré le plus grand nombre de fermetures de pharmacies et a vu leur effectif passer sous la barre symbolique des 20 000.

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