Prescription et administration de la majorité des vaccins, dépistage et prise en charge des angines bactériennes et des cystites simples, entretiens et bilans personnalisés liés à une pathologie, une grossesse ou un âge particulier de la vie… Avec constance depuis plusieurs années, de nouveaux actes viennent étoffer la palette du pharmacien d’officine et confirmer sa place de premier professionnel de santé de proximité dans un paysage où les déserts médicaux ne cessent de s’étendre. Cette évolution de notre profession, pour laquelle nous continuons de militer activement, ne doit pour autant pas faire oublier que la dispensation et son conseil associé demeurent au centre de notre exercice quotidien. Ils doivent être rétribués à leur juste valeur. Une évidence que nous ne nous privons pas de rappeler régulièrement aux pouvoirs publics, même si nous souscrivons pleinement à la dynamique de décorrélation entre notre rémunération et les volumes de médicaments dispensés.
« Ces actions méritent
qu’on s’y attarde afin
d’en évaluer les enjeux
cliniques et économiques. »
Cette tendance, qui signe une utilisation plus responsable des deniers de l’Assurance maladie, s’inscrit également dans une perspective d’optimisation de la prise en charge des patients sous traitement. Et c’est précisément dans ce cadre que l’intervention pharmaceutique a un rôle prépondérant à jouer. Il s’agit bien entendu de l’analyse de l’ordonnance, réalisée quotidiennement et à bas bruit mais débouchant pourtant sur l’identification et la résolution d’une proportion importante de problèmes liés aux médicaments (dose ou durée inappropriée, effets indésirables, interactions, non-conformité aux recommandations…). Il est également question de repérer et d’agir contre la mauvaise ou la non-observance, d’œuvrer pour le bon usage des antibiotiques, d’accompagner les patients chroniques et ceux sous anticancéreux dans la gestion de leur traitement et de ses effets secondaires, etc. Toutes ces actions menées auprès de nos patients méritent qu’on s’y attarde afin d’évaluer les enjeux cliniques et économiques qui en découlent.
C’est pourquoi la nouvelle édition des Amphis de l’officine leur est, ce 1er juin, entièrement consacrée. Au menu : l’analyse des résultats d’une étude commandée par Pierre Fabre, suivie de deux tables rondes centrées sur les différents bénéfices de ces interventions pharmaceutiques et portées par les expertises de Vincent Guiraud-Chaumeil, président de Nerès ; Gérard Raymond, président de France Asso Santé ; Martine Costedoat, directrice d’Osys au sein de Pharma Système Qualité ; Ségolène de Marsac, PDG d’Opella et Thomas Morgenroth, professeur en droit et économie pharmaceutique. Le fruit de ces réflexions viendra évidemment alimenter le corpus des revendications que nous porterons lors de la prochaine négociation avec l’Assurance maladie et qui devrait débuter, nous l’espérons, sous peu.