Deux fois par an à environ six mois d’intervalle, l’Assurance maladie présente les résultats de son observatoire de l’économie officinale aux représentants syndicaux. C’est dans ce cadre que la FSPF a découvert, le mercredi 3 juin, les données collectées par la Cnam sur l’année 2025, ainsi que les premières tendances pour 2026. « L’avenant conventionnel n° 1 que nous avons signé prévoit une trajectoire économique sur quatre années, jusqu’à 2027. En 2025, l’objectif était de 7,587 milliards d’euros, mais l’observatoire montre que la rémunération des pharmacies atteint 7,549 milliards (+ 2,1 % en un an). Il nous manque donc 38 millions d’euros, essentiellement en raison de l’arrêt du remboursement des tests Covid [intervenu en mars 2025, NDLR] », détaille Philippe Besset, président de la FSPF, lors de son Live hebdomadaire.
Pas de clause de revoyure
Aux yeux de l’Assurance maladie, cet écart de 38 millions d’euros devrait se rectifier naturellement en 2026-2027 et n’appelle pas à déclencher une clause de revoyure. D’autant qu’au 1er janvier 2027, fait encore valoir la Cnam, l’honoraire à l’ordonnance – qui a déjà augmenté de 0,51 euro à 0,61 euro en 2025 – va passer à 0,66 euro, et la rémunération de la vaccination évolue, avec deux honoraires distincts pour la prescription (7,50 euros) et l’administration (7,50 euros).
Sans commenter ces explications, Philippe Besset insiste pour sa part sur les importantes disparités entre pharmacies. « Les officines du quartile supérieur, donc les plus importantes, ont une croissance de plus de 3 %, alors que celles du premier quartile, donc les plus fragiles, ont une croissance négative. Cela montre bien qu’il faut adapter le mode de rémunération pour que tout le monde puisse s’en sortir correctement, quelle que soit la taille de l’officine. » Par ailleurs, le président de la FSPF se félicite de l’effet de l’aide conventionnelle sur les pharmacies qui ont pu en bénéficier. « Elles sont fragiles et font donc partie du premier quartile, mais elles progressent de plus de 4 %. »
Coût de la vie
Outre ces données portant sur l’activité du réseau sur les produits remboursés, la FSPF tient à souligner que « le réseau souffre de l’inflation » puisque les charges augmentent et la situation liée au détroit d’Ormuz n’épargne personne. « La hausse du coût de la vie nécessite d’adapter le Smic et donc les salaires de nos personnels. Et nous avons besoin d’une augmentation de nos tarifs pour pouvoir suivre. » Une explication que Philippe Besset ne s’est pas privé de fournir, toujours le 3 juin, à l’occasion d’une autre réunion en présence de la Direction de la Sécurité sociale (DSS) et de la Cnam, dont le but était d’aborder le calendrier des futures négociations conventionnelles.
L’occasion également pour le président de la FSPF de pointer le manque de réactivité pour travailler ensemble à la refonte du modèle économique de l’officine en s’appuyant sur le rapport de l’Igas et de l’IGF sur le sujet. Il compte en particulier se servir des préconisations de ce dernier quant à la répartition de la valeur dans la chaîne du médicament, « dont la majorité doit être fléchée vers l’officine », tout en y intégrant la valeur ajoutée des groupements dans la fonction achat. « Nous travaillons actuellement sur cette activité de courtage en médicaments, qui pourrait entrer dans le Code de la santé publique, ainsi que sur l’amélioration de la transparence. Notre idée est de faire des économies sur cette partie pour dégager du budget pour les officines », confie Philippe Besset.
Engagement politique
Si DSS, Cnam et syndicats tombent d’accord pour débuter les négociations conventionnelles au plus vite, la FSPF rappelle néanmoins que la parole de la ministre de la Santé est attendue sur le sujet, un engagement politique étant incontournable. Et de prévenir à nouveau : si les négociations n’ont pas commencé en septembre prochain, la FSPF dénoncera la convention actuelle.
